« METHODOLOGIE – COMMUNICATION – NEGOCIATION » M. SEMOU. DIOUF
En fait, cette distinction se retrouve au sein même de l’expression corporelle : certains gestes ont valeur de signe (agiter la main pour dire au revoir), d’autre ont valeur de symbole (joindre les mains pour faire une prière), d’autres enfin sont les indices d’un état émotionnel (transpirer quant on a honte).
5) CONTENU ET RELATION
Tout message comporte deux niveaux de signification :
Il transmet un contenu informatif (sur des faits, des opinions, des sentiments ou des expériences du
locuteur).
Il exprime également, directement ou indirectement, quelque chose sur la relation qui lie les interlocuteurs
(« tu as une jolie robe » peut être une opinion mais également un début de séduction.
L’accent peut également porter sur le contenu ou sur la relation selon les cas. Dans l’exemple d’un dialogue entre collègues, les échanges portent tout naturellement sur le contenu :
l’organisation d’une tâche. Mais les enjeux essentiels peuvent se situer au niveau de la relation : Qui aura la responsabilité de cette tâche ? Quel point de vue l’emportera ? Etc.
6) SYMETRIE ET COMPLEMENTARITE
Une part importante de la communication tend à signifier ou à définir (à confirmer ou à remettre en cause) la relation entre les interlocuteurs. Cette relation se structure selon deux grands modèles :
Le modèle symétrique : la relation est définit comme égalitaire et les protagonistes ont des comportements
en miroir (deux hommes de même statut social se mettront tout deux debout pour se saluer alors qu’une femme peut rester assise).
Le modèle complémentaire : les protagonistes adoptent des comportements contrastés s’ajustant l’un à
l’autre. La relation peut ainsi être hiérarchique (c’est à dire comporter une position « haute » et une position « basse » comme dans la relation Patron / Employé) ou non (relation Client / Vendeur)
7) LA PONCTUATION
La communication tend donc à définir (dans l’accord ou le désaccord), une relation dans laquelle chaque interlocuteur occupe une place particulière, liée à celle de l’interlocuteur. Cela n’explique pas que chacun, en fonction de sa place, ait un point de vue subjectif sur l’interaction. Si celle ci obéit, en réalité à une logique circulaire, chaque protagoniste tend à introduire une causalité linéaire dans l’enchaînement des actions et des réactions, c’est-à-dire à imputer une responsabilité dans le déroulement des faits. Exemple : la scène de ménage où chacun cherche à rendre l’autre responsable du conflit qui les oppose. Bien des problèmes de communication peuvent être éclairés par cette notion de ponctuation divergente qui explique que les protagonistes ne voient pas de la même façon la dynamique de leur relation. Exemple : le patron pense que s’il n’est pas constamment sur le dos des employés, le travail ne serait pas fait et les employés pensent que l’initiative est inutile puisque le patron contrôle tout.
8) LES ENJEUX ET LES STRATEGIES
7.1. LES ENJEUX
Toute communication est porteuse d’enjeux qui peuvent être :
pragmatiques : obtenir une information, viser un résultat concret ; symboliques : donner une bonne image de soi, séduire, impressionner, humilier, etc.
Ces enjeux peuvent être explicites ou implicites (ou les deux concurremment). Entre collègues de travail, l’enjeu pragmatique serait le distribution des tâches et les enjeux implicites (qui sont plus symboliques) le pouvoir, être bien vu du patron, être pris en considération, etc.