INTERVIEW D’ODILE CHABRILLAC
pèlerinage d’ailleurs) constitue un véritable engagement physique et psychique. Il n’est pas facile de tenir la distance. On a faim (surtout au début), on dort mal, notre corps est véritablement déboussolé… C’est pourquoi je préconise d’ailleurs de vivre ce type d’expérience en groupe, car ici comme ailleurs le soutien des autres nous permet de tenir bon. Mais ensuite, quel soulagement, quelle légèreté, quelle étrange sensation d’avoir passé un cap, monté un marche ! D’avoir laissé derrière soi quelques-unes de ces valises qui nous pesaient, nous encombraient, nous entravaient… Ouf ! Je pourrais évoquer, pour me justifier, toutes ces études récentes qui montrent qu’il existe dans nos intestins des neurotransmetteurs identiques à ceux de notre cerveau ; je pourrai vous rappeler que toutes les grandes médecines de par le monde recommandent la pratique de lavement (et en particulier en cas de problèmes psychologiques), de l’activité physique, de la diète ; je pourrai vous faire connaître ces études qui se multiplient et qui vont
C
de joie, de mieux-être, d’aptitude à prendre sa vie en main dans toutes ces dimensions. J’ai, par exemple, beaucoup travaillé (et écrit un livre) sur l’influence de notre alimentation sur notre psychisme. On sait aujourd’hui, après avoir pensé le contraire pendant des décennies, à quel point notre alimentation peut aggraver ou atténuer une dépression, ou faire changer le QI de quelqu’un. Ce sont des choses vraiment étonnantes. Oui, nous sommes (aussi) ce que nous mangeons. A un point que nous n’imaginons probablement pas, ni vous, ni moi. Lors d’un jeûne, ou d’une cure détox, on peut ainsi constater qu’en éliminant certains «miasmes» physiques, on laisse également derrière soi bien des souffrances émotionnelles, des histoires de notre histoire qui nous collaient à la peau et que l’on avait du mal à « digérer ». En allégeant son corps, on allège également son cœur et son âme. Sans le faire exprès ! Ça se fait tout seul. Loin de moi l’idée de penser que ce soit simple : un jeûne par exemple (tout comme un Combien ils sont porteurs pour eux (et pour nous tous)
“Nous sommes ce que nous mangeons“
– Au Nom du Corps – N°3 – Page 13–