« L’abandon m’a poussée à n’être jamais présente »– Abandon de ma dignité en restant dans un poste, malgré un patron pervers auquel je ne faisais aucune remarque malgré ses mains baladeuses. – Abandon de mon corps en mangeant plus que de raison pour faire taire le vide béant et le démon qui m’habitaient sans en avoir la moindre conscience. – Abandon de mon apparence en ayant 20 kilos de trop. – Abandon de ma santé en fumant deux paquets de cigarettes par jour. – Abandon de mon corps, en ne faisant aucune pratique sportive. – Abandon de mes sensations dans des loisirs futiles : sorties, fêtes arrosées, mondanité qui me donnaient l’illusion d’exister. – Abandon de mon âme, en ne nourrissant aucun but élevé ; en n’ayant aucun sens profond dans ma vie ; en ne nourrissant aucune des valeurs chères à mon cœur. Je pourrais continuer la liste indéfiniment tellement la blessure de l’abandon m’a conduit à ma désertion et même à ma désertification. L’abandon m’a poussée à être en dehors de moi, non présente, non attentive à mes sensations ou à mes besoins profonds. L’abandon m’a poussée à être toujours dans l’attente, mais jamais présente. Pire, les autres étaient là pour remplir une dette. Je rentrais en lien pour que l’autre remplisse ce vide que j’étais incapable de combler. J’attendais que l’autre me donne ce que je n’avais jamais
JE ME SUIS ABANDONNÉE
– Au Nom du Corps – N°3 – Page 4