N° 3 – septembre 2015 mettre les sens et le corps au coeur du d


des préalables incontournables si l’on veut aimer, prier, vivre quoi. Vivre dans toutes ses dimensions, avec éclat. Je viens juste de faire le pèlerinage de Saint- Jacques de Compostelle. J’ai marché plus de 1500 km à pieds, jour après jour, dans la joie (et dans la peine parfois). Ce n’est pas un exploit en soi. On rencontre sur le chemin, sur le Camino comme on dit, des personnes 7 à 77 ans, voire davantage. Mais ce que je peux dire, c’est que c’est une école incroyable. Une école de vie (et d’amour, et de liberté aussi…). Oui, le chemin, le pèlerinage est une formidable métaphore de la vie. Et je comprends maintenant que de nombreuses religions l’aient à ce point valorisé. Pourquoi ? Car, s’il s’agit d’une aventure spirituelle et d’un acte de foi – et j’imagine qu’il en fallait de la foi au pèlerin du Moyen-âge, pour partir ainsi à la conquête de l’inconnu -, cette initiation se passe avant tout dans le corps. Et même dans nos pieds ! On dit que le pèlerin prie avec ses pieds et je peux le confirmer. Mais le pèlerin doit aussi et surtout, avant de penser à prier, prendre soin de son corps. Sinon il n’ira pas loin. Bien dormir, bien manger, se respecter, parfois se reposer, constituent ses obsessions. Car il sait, nous savons, que nous ne sommes pas là pour faire un exploit, mais pour réaliser un parcours, un projet qui nous tient à cœur. Dans la durée. Comme dans la vie, non ? En redonnant son importance réelle au corps (et au cœur dans les rencontres uniques

INTERVIEW D’ODILE CHABRILLAC

« Nos ressentis nous indiquent le chemin »

– Au Nom du Corps – N°3 – Page 11 –

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