PARCOURS DE VIE
familiale ‘pathos’ et les hommes absents. Je me réfugiais dans les lectures, et j’avais des compagnons imaginaires Robin des bois et Blanche, plus tard, une famille d’indiens avec qui je m’identifiais totalement. Mon monde a véritablement basculé quand le lendemain de mes 30 ans et après une fête organisée avec ma famille et mes amis, mon père mit fin à ses jours. C’était encore à la suite d’une énième dispute familiale mais, cette fois-ci, il y avait participé et il n’a pas supporté. En plus de la douleur de ce suicide, ma famille « m’accuse » de la mort de mon père. En effet, il m’avait demandé de lire une lettre reçue par un membre de ma famille à l’origine de cette dispute familiale. On se crie dessus. C’est la première fois. Ce sera la dernière. Ils s’en vont, repartent chez eux. 1h30 de route. Il pleut des cordes. Ennui et isolement m’ont accompagné pendant de nombreuses années. Mon premier souvenir, remonte à l’âge de 5 ans. Mes grands-parents maternels habitaient la maison mitoyenne de la nôtre. Des disputes constantes dans le couple de mes grands-parents qui avaient divorcé puis s’était remis ensemble au veuvage de mon grand- père. Mes grands-parents vivaient à la colle en somme. Enfant, mais adulte au fond, je tentais de réconcilier ces deux-là mais aussi des conflits entre mes grands-parents et ma mère puis ensuite entre mon oncle et sa femme. Où était mon père ? Il bossait comme un fou, se noyait dans le travail mais aussi parfois un peu dans la boisson. Orphelin, sans famille avec un passé bien lourd. J’ai grandi ainsi sans modèle, avec les femmes de cette petite cellule
– Au Nom du Corps – N°50 – Page 19 –