N° 50 – janvier 2020 n° 50 – janvier 2020 le magazine qui reconne


A 33 ans, c’était ce que je voulais entendre. Je rêvais comme une princesse : mariage, bel appartement dans la banlieue lyonnaise, maison à la campagne. Il n’y avait que moi qui ne voyait pas le problème. Cet homme a 27 ans de plus que moi, 3 enfants de deux unions. Dans ma tête, j’avais enfin réussi à construire une famille. Je m’en fichais pas mal de notre différence d’âge, je l’aimais. J’ai accepté ses enfants comme les miens même si sa première fille est plus âgée que moi. Je les aimais. Re-crise avec ma mère qui m’insulte lorsque je lui annonce notre mariage. Isolement. Et puis, mon cadeau de la vie est enfin arrivé. Je suis assez vite tombée enceinte de mon unique, ma fille, ma princesse, mon Alizée. Elle a fêté, il y a un mois, ses 18 ans. Elle est belle et notre relation est spéciale, qualitative. Je me sens très mal. Je les appelle en fin d’après-midi. C’est mon père qui décroche. Je n’ai pas le temps de lui dire quelque chose. Il me passe ma mère. Il s’est mis la corde au cou un quart d’heure après. Je ne le connaissais pas en somme. On ne s’est jamais dit « je t’aime ». Je n’ai pas pleuré, pas versé une seule larme pendant des mois. Je devais m’occuper de ma mère. Oui, pour moi c’était un devoir malgré tout, c’est ma mère. Je dis malgré tout parce qu’elle m’a «accusé» d’être responsable de ce désastre familial. Ce fut le début de mon intérêt pour tout ce qui touche à l’humain. Pourquoi ces femmes étaient tant en difficulté dans leurs comportements, leurs expressions, leurs pensées : école de psychologie clinique. Assez vite, je rencontre l’homme qui devint mon époux. Il avait utilisé les bons arguments : mariage et enfant.

PARCOURS DE VIE

– Au Nom du Corps – N°50 – Page 20 –

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