Ecartelée entre le besoin d’exister à ses yeux et celui d’être moi-même, quitte à lui ressembler, j’eu bien du mal à trouver ma propre place et à construire mon identité. Encore aujourd’hui, ma quête de reconnaissance me pousse à performer pour avoir le sentiment d’exister et d’être aimée. Je m’oublie pour ne pas être oubliée. A 16 ans, ma maman m’offre une consultation d’astrologie chez un astrologue reconnu en belgique. C’est mon cadeau d’anniversaire. Elle venait de faire le sien dans le cadre d’une embauche professionnelle, elle était bluffée. Cela faisait quelques temps que, de mon côté, je m’intéressais à l’astrologie, mon professeur de flamand nous ayant initié à cet art ancestral à l’occasion d’un cours soi-disant destiné à nous apprendre les signes du zodiaque en néerlandais. En réalité, ce fût ma première initiation. Enfin, des réponses, des clés de compréhension du mode de fonctionnement humain. Une époque bénie où le divorce de mes parents a permis que je me rapproche de la mère icône que j’aimais tant idéaliser. Elle était la solidité, le roc, le pilier du clan féminin que nous formions désormais avec ma sœur et notre mamy. Depuis ma plus tendre enfance, ma grand-mère était la douceur et la tendresse, elle avait pour ma sœur et moi-même un amour inconditionnel. Nous étions ses petites filles chéries et nous savions, au plus profond de notre cœur, que rien au monde ne saurait remettre en cause cet amour. Avec ma maman, il n’y avait pas cette profonde certitude, ce sentiment sécurisant d’amour absolu et acquis à jamais. Je lisais souvent le mécontentement dans son regard face à mes notes plutôt moyennes. Hélas pour moi, je n’avais pas le goût de l’effort, l’école m’ennuyait, elle avait très peur que je devienne comme mon père.
TÉMOIGNAGE D’UN AUTEUR
– Au Nom du Corps – N°50 – Page 12 –