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III. NERTI, c’est vous qui en parlez le mieux
Samuel était en souffrance, il rêvait de faire des voyages, de parler en public, mais il ne le pouvait pas. Il avait tendance à rougir beaucoup, ce qui le mettait encore plus mal à l’aise et le faisait rougir d’autant plus. À cause de ces réactions intempestives, il ne se permettait pas d’aller discuter simplement avec des gens, de rencontrer des personnes, de s’exprimer en public, parce qu’il savait qu’à chaque fois il allait rougir. Il ne passait pas à l’action alors qu’il avait très envie de ne plus être seul.
Samuel : « J’ai dû lutter et dépenser énormément d’énergie pour réussir tant bien que mal à maîtriser mes rougissements, sans jamais être vraiment à l’aise et uniquement pour avoir un semblant de vie à peu près normale. »
C’est le cas de beaucoup de personnes qui se leurrent à propos de leurs réactivités en se réconfortant : « Mais non, ce n’est pas si grave » et autres justifications. Alors qu’en fait, c’est terrible pour eux ! C’est une vie à moitié vécue qui leur reste, un ersatz de vie qu’ils tentent de vivre.
J’ai gardé en mémoire le témoignage d’Anne, qui disait en début de formation :
« Depuis toujours je suis dans l’incapacité de prendre mon indépendance. J’ai toujours suivi les autres. Mon mari en premier, par peur d’être seule ou de faire les choses toute seule. J’attends l’approbation des autres, la validation. J’ai de la peine à prendre plaisir à faire quelque chose toute seule, à me faire plaisir, comme si je n’y avais pas droit, comme si c’était égoïste, interdit pour moi ! »
Ou encore, ce que dit Michelle :
« Cela m’a empêché de réaliser pas mal de choses car j’ai eu peur d’aller de l’avant et d’échouer, même de partir en vacances. J’avais peur de partir loin de chez moi, d’être à l’aise avec le monde, de me faire des amis. J’avais l’impression qu’on ne m’aimait pas. Aussi, j’avais peur d’aller faire les magasins seule. »