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III. NERTI, c’est vous qui en parlez le mieux
ridicule ! Peur de l’autoroute, du restaurant, des magasins, de l’ascenseur, peur de vomir… Qu’est-ce que tu nous racontes… Franchement, tu es nul. »
Ou encore : « Arrête de te laisser marcher sur les pieds par n’importe qui ! Prends du recul ! Pourquoi tu cherches à tout contrôler ? Dis-lui non à ton collègue si tu ne veux pas qu’il te rajoute du travail parce que tu n’arrives déjà pas à faire le tien dans les temps !! »
Souvent, ceux qui souffrent se butent ainsi à l’incompréhension de leur entourage. Il y a des personnes qui ont peur de vomir, par exemple, et c’est terrible pour eux ! J’ai travaillé lors d’une émission diffusée par M6 avec une jeune femme qui avait ce problème. Son père disait : « Quand même, elle exagère avec sa peur de vomir et du coup elle ne mange pas certaines choses sous prétexte que ça risque de la rendre malade. » Pour elle, cette problématique était un enfer que son père ne comprenait pas du tout. Et depuis l’extérieur, de son point de vue à lui, c’est normal de ne pas comprendre. Cette peur paraît normalement absurde et irrationnelle. Quand on n’est pas soi-même sujet à ce genre de peur, on se dit : « Mais quand même, ce n’est pas si grave que ça. Elle pourrait se raisonner ! »
Alors qu’en vécu intérieur, pour celui qui souffre de ces hyper-réactions émotionnelles, c’est l’équivalent d’une énorme vague prise en plein dans la figure.
J’aime bien cette métaphore de la vague : imaginez qu’une vague de 3 à 4 mètres de haut vous tombe dessus. C’est totalement incontrôlable, on ne peut rien faire contre elle. Le cerveau « supérieur » est débranché, le cortex ne peut plus réfléchir et être raisonnable.
Évidemment, quand la personne qui souffre est loin de la situation problématique, donc « à froid », elle va parfois arriver à se raisonner et se dire : « OK, c’est complètement idiot d’avoir peur d’une petite araignée ! Elle ne va pas me sauter dessus, ni me mordre sans raison ! » Mais à la première occasion, l’hyper-réaction incontrôlable va se déclencher de nouveau. Bien souvent, la personne se sent incapable de réagir sainement et va peu à peu perdre confiance en elle.
Ce type de problème amène à essayer de multiples thérapies. Les personnes concernées vivent des parcours thérapeutiques longs, fastidieux, comme on l’a vu dans les témoignages, parfois depuis plus de vingt-cinq ans, trente ans ! J’ai même eu une stagiaire qui avait fait un travail sur elle pendant cinquante-quatre ans !