Nerti © 2016 luc geiger isbn : 978-2-9557379-0-3 copyright © le


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V. Comprendre NERTI

cela qu’il est aussi puissant. Et c’est pour cela que les réactions émotionnelles qu’il provoque sont aussi incontrôlables. Pour lui, c’est une véritable question de vie ou de mort. Et comme il n’a ni langage, ni affectif, on ne peut pas lui expliquer les choses. Lui dire, par exemple, qu’être à côté d’une araignée ou prendre l’avion, ce n’est pas dangereux. Parce qu’il ne parle pas, il ne comprend pas, il n’a pas de langage.

C’est ce qui rend si compliqué de lui faire comprendre qu’il n’y a pas de danger. C’est la raison pour laquelle l’utilisation de la raison est inefficace.

La réactivité excessive, ou l’hyper-réactivité, c’est l’alerte du cerveau reptilien qui nous dit : « Attention ! Dans cette situation, tu es en danger ! Et même en danger de mort ! » Même si, intellectuellement, on sait très bien que ce n’est pas un véritable danger de mort, l’hyper-réactivité provoquée par le cerveau reptilien reste d’une grande puissante, car elle envoie dans tout le corps les réactions pour survivre à un danger imminent.

De plus, le danger que l’on cherche à fuir en vérité est inconscient et interne, il est situé uniquement dans la mémoire de notre cerveau reptilien. En effet, le cerveau reptilien pense que cette situation à laquelle il fait face est susceptible de nous mettre en danger de mort, parce qu’il a en mémoire des informations visuelles, auditives, kinesthésiques (sensations), olfactives ou gustatives qui ressemblent à la situation en question et qui correspondent à un moment au cours duquel il a cru « mourir ».

Je vous rappelle que cette sensation de mourir est simplement une perte de connaissance.

Je vais vous demander d’être très attentif car ce passage est important pour bien comprendre. Alors qu’intellectuellement, on sait parfaitement que ce qu’on ressent n’est pas vrai, le cerveau reptilien, lui, ne comprend pas : on sait qu’une araignée est toute petite, on sait qu’elle ne va pas nous tuer, mais la raison ne pénètre pas le cerveau reptilien. C’est pour cela que je dis qu’une personne en hyper-réactivité ne réagit pas à la réalité telle qu’elle est, mais qu’elle réagit à ce que cette réalité réveille de potentiellement dangereux en elle, de souffrance en elle.

C’est comme si, à l’intérieur de nous, on avait une espèce de sirène d’alarme terriblement puissante qui se mettait en route, comme si on avait plongé la main dans une casserole posée sur le feu, comme une odeur extraordinairement écœurante qui nous envahirait, ou une sorte de gigantesque flash lumineux qui nous aveuglerait, ou encore comme si on avait un aliment avarié collé dans la bouche !

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