Nerti © 2016 luc geiger isbn : 978-2-9557379-0-3 copyright © le


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Phobies, angoisses, paniques, jalousie, timidité, colère avec NERTI c’est fini ! –

1. Il était une fois, NERTI

Comme je le disais en introduction, j’étais un adolescent vraiment très timide en public et encore nettement plus dans mes relations avec les filles. Aujourd’hui, on parlerait de phobie sociale. Pour bien comprendre la gravité du problème, laissez-moi vous raconter une anecdote que j’ai vécue à 12 ans lors d’un voyage en bus pour aller à une compétition de gymnastique.

Pendant ce voyage quelqu’un a lancé l’idée de jouer au jeu du tapis. Ce jeu consiste pour un garçon à nommer une fille et à poser un tapis devant elle pour lui faire deux bises. La fille doit ensuite faire la même chose avec un garçon et ainsi de suite. Comme nous étions dans un bus, le tapis était remplacé par une petite boîte d’allumettes qui se transmettait au fur et à mesure du jeu.

Ce jeu anodin est plutôt sympathique et agréable. Pourtant ce que je vivais était tout à fait différent. À chaque fois qu’une fille réfléchissait pour choisir un garçon, une vague de terreur me submergeait et je me recroquevillais le plus possible au fond de mon siège. Je ne respirais pratiquement plus jusqu’à ce que j’entende avec soulagement… un autre prénom que le mien.

Eh oui, cela peut paraître paradoxal, mais ma peur n’était en aucun cas de ne pas être choisi, mais au contraire d’être choisi. J’étais terrifié à l’idée que j’allais devoir à mon tour désigner une fille et aller vers elle.

J’espérais que le bus arriverait à destination avant que mon tour ne soit arrivé. Après plusieurs tours, la fille que j’aimais secrètement s’est retrouvée en possession de la boîte d’allumettes. J’étais vraiment terrorisé et je croyais avoir atteint mon niveau de peur maximum, mais vous allez voir que j’en étais loin. Après un temps qui m’a semblé une éternité, elle a finalement prononcé mon prénom. Normalement j’aurais dû être content qu’elle m’ait choisi. Et pourtant… quand tous les regards se sont tournés vers moi, j’ai ressenti une vague de panique tellement énorme qu’elle m’a fait perdre tous mes moyens. Je ne savais plus qui j’étais, ni même comment je m’appelais. Je n’étais plus qu’un hurlement intérieur et je voulais disparaître sous terre, disparaître totalement. Et c’est pratiquement ce que j’ai fait en me réfugiant en boule sous un des sièges du bus en hurlant « Laissez-moi tranquille ! Laissez-moi tranquille ! ».

Évidemment, personne n’a compris ma réaction, et encore moins la gentille jeune fille qui a dû se sentir terriblement blessée. (J’en profite pour lui demander pardon si elle me lit, car je n’ai jamais eu le courage de le faire à l’époque.) Chacun

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