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23 suivant : puisque l’agent infectieux est assez contagieux et assez peu dangereux (c’est logique, voir mes infolettres précédentes), il est préférable de le laisser agir plus ou moins à sa guise et de favoriser ainsi une immunisation collective. Chez les partisans du confinement, on assiste plutôt à une surenchère de mesures restrictives. Qui aura adopté la meilleure méthode ? Ce match est passionnant car son issue en termes de mortalité et de létalité sera riche en enseignements. Pour l’instant, c’est plutôt le camp « libéral » qui tient le bon bout par rapport au camp « autoritaire ». Vous devinez mes préférences et mes espérances de victoire pour l’équipe qui aura le moins paniqué… Vérités n°7 : les mesures démesurées feront pire Dans une tribune qui n’a pas fait grand bruit, le Pr Gilbert Deray, directeur du service de Néphrologie à l’hôpital universitaire Pitié Salpêtrière, a averti samedi dernier : « attention danger, mais pas celui que vous croyez ». Une phrase de ce texte m’a particulièrement touché : « Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite mais « seulement » de solitude. » Ce passage m’a ému car je vis exactement ce cas de figure : ma vieille maman de 89 ans est en quarantaine dans sa maison de repos et nous ne pouvons plus la visiter, la voir et la serrer dans nos bras. Nous lui téléphonons plus souvent mais elle ne comprend pas trop cet isolement forcé et elle manifeste les signes physiques d’une souffrance morale. Question : combien de personnes âgées vont hâter leur dernière heure en raison du lockdown ? Et combien de petits entrepreneurs et commerçants poussés à la faillite vont basculer en dépression ? Combien de suicides dans les familles brutalement désargentées ou ruinées ? Combien de morts en plus en sachant – tous les sociologues de la santé le savent – que la précarité est synonyme de moindre hygiène de vie ? Combien de victimes inconnues parmi les angoissé(e)s qui vont encore consommer plus de médicaments psychotropes pour calmer leur anxiété ? Combien d’infections nosocomiales fatales supplémentaires dans les hôpitaux aseptisant leurs installations et instruments à grand renfort de produits biocides ? Combien d’effets secondaires pervers de la folie désinfectante encouragée par les autorités sanitaires ? Combien de maladies chroniques stimulées par l’interdiction d’activités physiques en groupe ? Et combien de troubles sévères générés par la peur et le stress ? Dans le Néosanté d’avril, on vous parle d’une étude récente révélant que la mise en quarantaine entraine un traumatisme psychologique pouvant encore se détecter des années plus tard. Et d’une autre recherche scientifique montrant comment le stress affaiblit le système immunitaire et diminue la résistance aux infections. Il sera très difficile d’évaluer toutes les conséquences engendrées par la période de confinement. Mais on peut rationnellement imaginer que les pertes humaines seront supérieures à celles occasionnées par l’épidémie. La médicalisation et la pasteurisation de nos existences, voilà ce qui les menace davantage que le coronavirus ! Vérités n°8 : non, nous ne sommes pas en guerre Dans son appel pathétique du 16 mars, le général de Gaulle du pauvre l’a décrété solennellement : « nous sommes en guerre contre un ennemi invisible ». Lui peut-être, mais pas moi, ni vous sans doute. Quand il a séjourné chez l’Oncle Sam en tant que Young Leader pour se préparer à diriger la France, rallumer la russophobie, vendre Alstom à ses maîtres américains et réformer les retraites au profit des fonds de pension US, le petiot qui aime jouer au soldat a probablement regardé trop de westerns et écouté trop de discours de Georges Bush Jr. Non, il n’y a pas un axe du bien et un axe du mal. Le monde n’est pas peuplé de gentils humains opposés à de méchants microbes qui veulent leur peau. Cette vision binaire et belliqueuse de la vie est puérile, profondément débile et scientifiquement dépassée. Distrait, le jeune Macron ? C’est pourtant aux États-Unis qu’a émergé il y a une trentaine d’années la médecine évolutionniste. Comme son nom l’indique, cette branche des connaissances médicales opère la jonction avec la théorie de l’évolution de Charles Darwin, et plus particulièrement avec son concept fondamental de sélection naturelle. Puisque la nature sélectionne les organismes les mieux adaptés à leur environnement, il est logique d’envisager les êtres vivants comme des structures assez bien conçues et munies d’outils d’autorégulation plutôt bien fichus. Or cette vision change tout ! À la lumière de l’évolutionnisme, les chercheurs engagés dans cette voie sont en effet occupés à révolutionner l’art de soigner les maladies et d’en prévenir l’apparition.