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NUMÉRO SPÉCIAL

À onze ans, j’ai perdu mon beau-père qui avait vingt-cinq ans de plus que ma mère (certainement un père pour elle) ; il s’est suicidé et cela a été un second et très violent choc, un véritable tsunami pour ma mère et moi. Pour ne plus sentir l’insupportable, c’est à cette époque que la vie spirituelle de ma mère va reprendre en rentrant dans l’Ordre des Rose-Croix. Ce fut certainement une fuite mais cela l’a également sauvée. J’ai donc été imprégnée d’enseignements précieux mais qui m’ont été transmis par une mère non incarnée : « La mort n’existe pas, tout est illusoire, sois dans l’amour, la compassion, la sagesse, le pardon, etc… » Des mots extraordinaires mais très difficiles à mettre en pratique lorsqu’on est adolescente. Mon grand besoin de reconnaissance qui m’habitait, le conditionnement de ma mère avec l’injonction « de faire plaisir », ma sensibilité exacerbée Quand je revisite mon chemin de vie aujourd’hui, écrire un livre sur la blessure d’abandon était juste une évidence et une boucle qui s’est bouclée. Mon père est mort noyé devant les yeux de ma mère lorsque j’avais trois ans. Elle s’est sentie à cette époque abandonnée d’abord par son mari qui est parti brutalement, mais aussi par Dieu car elle était très croyante. Elle m’a élevée sans père, avec son ressenti de désespoir et de solitude intense. En tant que petit être très dépendant que j’étais, en grand besoin et demande d’amour, j’ai subi tous les abandons, en même temps : la mort de mon père ainsi que les propres abandons de ma mère. Elle n’avait plus goût à la vie et se demandait ce qu’elle allait devenir avec moi, ce que l’avenir nous réserverait.

– Numéro Spécial – Page 11 –

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