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Peut-on vouloir le bonheur à tout prix ? – Le bonheur, si l’on en croit l’étymologie (bon heur), ne peut être que l’effet de la chance, le produit de circonstances favorables. – Cet état de satisfaction complète qui distingue le bonheur du plaisir des sens parce qu’il est toujours accompagné de la certitude de durer semble si difficile à définir qu’on peut le considérer avec Kant comme un idéal de l’imagination plutôt que comme une fin susceptible d’être rationnellement recherchée. Le bonheur (étymologiquement la bonne fortune [entendre dans « fortune » : ce qui arrive de bien ou de mal]) est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, l’inquiétude et le trouble sont absents. – Le bonheur n’est pas dans le pré ni au fond du couloir, il est à l’intérieur de chacun de nous. L’homme intelligent est le seul à savoir comment y puiser. Tout est une question d’état d’esprit et non de philosophie. Mais la nature est si parfaite, qu’à elle seule, elle procure du bonheur; Le bonheur est une satisfaction parfaite sans limitation de durer – Pour que le bonheur consiste dans le plaisir, il faut donc que le plaisir puisse durer, ou qu’il existe un type de plaisir durable ; et que tous les plaisirs ne s’opposent pas au bonheur, état stable et permanent. Quand on recherche un plaisir, il faut avant tout réfléchir à la nature de ce plaisir Ce genre de sujet interroge sur la capacité, la faculté, la possibilité de faire ou de ne pas faire quelque chose, d’être ou de ne pas être. Il semblerait même aujourd’hui que l’Etat, la société, les « autres » en général, nous doivent le bonheur : ne réclame-t-on pas sans cesse contre les lois positives le « droit au bonheur », déclaré explicitement dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 comme étant un droit imprescriptible de l’humanité ? La vie en société ne semble être harmonieuse que si elle respecte cette fin fondamentale dans la vie de tout homme, et donc, que si chacun œuvre non seulement pour son propre bonheur mais aussi pour celui des autres. Pourtant, est-ce possible de vouloir le bonheur des autres, si le bonheur est un sentiment de bien-être total ? Avons-nous la capacité de partager les sentiments des autres et de ressentir exactement la même chose qu’eux ? Avons-nous la capacité de nous donné comme but un intérêt autre que le nôtre ou que celui de nos
plus proches (frère, père, amant, ami, etc.) ? Et, dès lors, est-il même permis de vouloir le bonheur des autres ? Ne serait-ce pas vouloir leur imposer une vision du bonheur, vouloir régenter leur vie et les priver de liberté ? Enfin, est-ce qu’un bonheur collectif est une notion qui peut recevoir un sens objectif, c’est-à-dire, est-ce que le bonheur peut être susceptible d’un accord entre les hommes ? La seule chose claire et certaine est que tout homme cherche à être heureux : le bonheur est une finalité visée par tous et qui ne demande même aucune justification. Mais, sorti de cette première évidence, le philosophe se sent bien démuni pour persévérer dans son travail habituel de définition : quelle spécificité pourrait avoir cette notion pour qu’il parvienne à la conceptualiser puisque la représentation que chacun se fait du bonheur relève de son imagination, maîtresse dans l’art des médiations variables selon le vécu des manques et des absences : si j’avais, si j’étais… alors ce serait le bonheur ! Et l’argent ou le pouvoir, les honneurs ou l’amour d’entrer dans la ronde. Une autre certitude viendrait-elle aider le philosophe par l’assurance que jamais la réalité n’est à hauteur de l’imagination et que la concrétisation des désirs a immanquablement le goût fade de la possession ? Enfin, il paraît possible que le bonheur qui convient à chacun, ne pouvant être le bonheur qui convient à tous, l’idée d’un bonheur de l’humanité en général relève d’une utopie de la raison. D’une telle indigence pour construire un concept s’en suivent les classiques contradictions entre bonheur individuel et bonheur partagé, bonheur et moralité, bonheur et durée ou bonheur et extériorité. La question de la topologie du bonheur se résume à celle, épineuse, de la conciliation. Il devient inutile d’aller plus avant pour chercher l’impossible “comment” du bonheur. Tournons-nous plutôt vers le poète qui, parfois, sait si habilement guider le philosophe. Et la phrase de René Char «L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne» nous permettra de reformuler philosophiquement la problématique du bonheur : pourquoi le désir de bonheur est-il le propre de l’homme? – Personnellement, je vois le bonheur comme un état qu’on acquiert pour l’accomplissement de désirs immédiats. Pour moi, seul le bonheur éphémère est possible. Je crois qu’il faut aussi abandonner le bonheur matériel qui est pour moi, un bonheur fabriqué par la société de consommation _ Le bonheur, l’homme le désire perpétuellement, il l’envie, il le cherche et pourtant, il le vit quotidiennement et j’oserai dire que même le plus « malheureux » connait dans sa vie du bonheur, un jour d’une main tendue, un sourire, c’est peu, mais c’est du bonheur ; le sait-il ? Mais St Exépury le disait « L’essentiel est invisible pour les yeux » et le bonheur est invisible puisque qu’on ne le palpe pas, on le ressent. « Le voisin a une belle voiture quel veinard ! Et toi… ta statue d’ivoire, la vois-tu ? Lui ne la pas. L’homme
insatisfait, persuadé d’être toujours frustré ne profitera pas de son bonheur. L’amour donne du bonheur : « je t’aime, tu m’aimes » et la routine prend le dessus de ce bonheur. Nous sommes inconscients de notre bonheur et cependant nous le regrettons quand il est perdu. LE bonheur est il une obligation, un devoir ou la satisfaction d’un désir? On suppose que le bonheur n’est pas immédiat : soit parce qu’on attend d’être heureux (on diffère, on conjugue le bonheur au futur : un jour, je serai heureux), soit parce que le bonheur dépend toujours de quelque chose d’autre qu’il nous faut d’abord trouver (pour être heureux, il faut ceci et cela).