Quelle électricité en france pour 2035 ar v6 © alain ricaud nov-d


Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 14

le recours à des sources stock moins polluantes

le contrôle des naissances ? …

Depuis une trentaine d’années que l’on tente de mobiliser les Etats par des COP successives, en même temps que l’on note toujours un décalage entre l’attente des peuples et les mesures prises par leurs gouvernants (trop tard et trop peu), les émissions augmentent, des divergences s’accentuent entre les nations riches et un glissement s’opère vers un « apartheid climatique » qui pourrait être source de migrations massives. En outre, la réalité de plus en plus perceptible des dérèglements du climat transforme celui-ci en « défi existentiel » qui pourrait servir de prétexte à la remise en cause de certains aspects de nos démocraties.

De la COP 21 à la COP 25 24

Initialement prévue au Brésil, puis au Chili, la COP25 s’est déroulée en décembre à Madrid. La veille de l’ouverture , le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres avait assumé la dramatisation des enjeux, dénonçant les mesures très insuffisantes prises par les Etats et appelant surtout à la fin de la guerre contre la nature. A raison. La conférence précédente tenue à Katowice en plein pays minier polonais avait déçu, et les difficultés à faire tout simplement « atterrir » celle- ci en lui trouvant un lieu d’accueil, ne rassurent pas.

Piétinement

Si on songe aux espoirs soulevés par la COP21 en 2015, le piétinement est frappant : des contributions Etat par Etat qui donnent un réchauffement climatique autour de 3,2 degrés alors que l’accord général prévoit entre 1,5 et deux degrés, des règles d’évaluation encore trop floues, alors que les inégalités climatiques s’accentuent, et une réelle absence de leadership même si la Chine souhaiterait à sa manière occuper le vide laissé par les Etats- Unis. Le décalage est complet entre la bulle des COP et la vie quotidienne de milliards d’habitants de la planète déjà exposés aux conséquences du réchauffement. En quatre ans le dérèglement climatique s’est accéléré avec son lot de sécheresses, de typhons, d’incendies, et de victimes. En France même, l’érosion côtière, les inondations, la fonte des glaciers font l’actualité. La ville de Montpellier, après avoir subi depuis 2014 inondations à répétition, canicule et fortes chaleurs, grêle et disparition des vigne s, s’est déclarée en urgence climatique. Elle a prévu de mobiliser un fonds spécial de 15 millions d’euros dès 2020 pour lutter contre ces phénomènes. La région Nouvelle Aquitaine, autour du projet AcclimaTerra, anticipe les conséquences du dérèglement climatique en adaptant ses filières agricoles et l’aménagement du territoire côtier. Et dans toutes les métropoles françaises, la multiplication des îlots de chaleur urbains, déjà très sensible cet été, ne pourra être combattue que par la réintégration de la nature en ville.

Divergences

Face à l’urgence, le front des Etats s’est jusqu’à présent fissuré. Les divergences au sein des nations les plus puissantes, celles- là mêmes dont les moyens et l’influence auraient dû nourrir une responsabilité collective, se s ont accentuées : retrait américain, tergiversations de l’Union Européenne dont plusieurs membres à l’Est dépendent du charbon, coups de menton nationalistes de Jair Bolsonaro sur l’Amazonie. Le contexte actuel des relations internationales, où le bilatéral isme et les rapports de force entre Etats l’emportent sur la recherche de règles communes, n’a pas épargné l’arène climatique. Les valeurs communes qui structuraient le multilatéralisme onusien sur le climat depuis le sommet de Rio en 1992 se sont affaiblies. Ainsi le principe de « responsabilité commune mais différenciée » des pays, qui prenait

24 Par Lucile Schmid, Vice-présidente de la Fabrique de l’écologie, dans Alternative Economique du 5 Décembre 2019, La COP25 pourra-t- elle sauver la démocratie ?

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