Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 16
Et en France …
La France a une répartition des émissions de GES assez différente de la structure mondiale vue plus haut. Le poste transport est aujourd’hui celui qui pèse le plus (29 %). Il arrive devant le logement (24 %) et surtout l’alimentation (16%). L’usage des véhicules personnels est à l’origine de la très grande majorité des émissions de CO2 au sein du poste transports (80 %). Les transports en commun ne comptent que pour 1% des émissions grâce à l’électricité non carbonée. L’avion pèse quant à lui pour 19% des émissions du poste transport, soit 6 % du total (comparé à 2 % au niveau mondial).
La France n’a pas tenu ses objectifs en 2017 pas plus qu’avant d’ailleurs, notamment à causes des transports et du bâtiment. Elle a émis en 2017 465 Mt eq CO2 (+ 5 % par rapport à sa trajectoire cible). Le bilan carbone global moyen d’un Français s’élevait donc à 7 400 kg eq CO2 en 2017.
En conséquence, l’objectif ultime n’est plus le fameux facteur 4 de JP Raffarin en 2005, mais un facteur 6, soit une diminution globale et continue de nos émissions actuelles de GES de 5 % /an jusqu’en 2050 !
L’habitat 25
Emissions annuelles correspondant au chauffage d’une maison individuelle mal isolée en France (exemple pour 20 000 kWh). 26
au charbon (2,4 t): 6,6 teq CO2
au fuel (2 000 l) : 5,1 teq CO2
au gaz naturel (2 000 m3) : 4,1 teq CO2
au bois (8 stères) : 0,6 teq CO2 si replanté, et 7,3 teq CO2 si pas replanté. En France les 25 Mteb de bois (ou 10 Mtep) consommées, représentent 5 % du bilan énergétique global.
à l’électricité: en France elle est en moyenne à 90% dé-carbonée: nucléaire (72 %), hydroélectrique (12 %), éolienne (5 %) et solaire PV (2 %).
2,4 teq CO2 si convecteurs type “grille-pain”.
1,4 teq CO2 si pompe à chaleur (COP de 2,3) avec fuites standard de CFC (fluide R 410) 27.
La construction
Alors que 230 000 logements individuels et 200 000 logements collectifs sont construits annuellement, et à la veille de l’obligation de construire les bâtiments à énergie positive, les techniques visant à réduire les consommations énergétiques de l’habitat sont hélas encore loin d’être généralisées.
25 Source des données « bilan carbone » qui suivent : Jean Marc Jancovici.
26 L’utilisation d’énergies fossiles pour le chauffage est non seulement une aberration technique (point n’est besoin d’une combustion à 800 °C pour alimenter un plancher chauffant à 28°C), mais aussi économique (les 3 000 litres de fioul consommés annuellement dans une habitation moyenne, sont certainement mieux utilisés pour propulser une automobile pendant quatre ans à raison de 5 litres /100 km et 15 000 km /an). Même avec le développement de l’hydrogène comme vecteur énergétique, le pétrole restera en effet pendant très longtemps la source d’énergie de choix pour les applications embarquées, à cause de sa très forte densité énergétique : 11,6 kWh /kg.
27 Le chauffage étant assuré par des PAC dont on sait que le fluide caloporteur, R 410A donne lieu à des fuites. Nous avons compté 240 g de fluide frigorigène par kVA installé, un taux de fuites conservatifs de 15% par an, et un PRG du R 410A de 1 725.