Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 19
physique des sols par une meilleure compréhension des mécanismes agro-biologiques complexes qui ont été ignorés par l’agro- chimie industrielle et la mécanisation à outrance depuis 70 ans.
La responsabilité du monde paysan
La fracture entre la ville et la campagne, la méconnaissance voire le mépris des citadins qui oublient d’où est tirée leur nourriture et s’intéressent peu à la vie de leurs semblables, tout cela doit évoluer. Le paysan lui-même doit être conscient des missions que la société lui confie : non seulement assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires, mais aussi protéger le sol vivant, maintenir la biodiversité, assurer la gestion de l’eau, la résistance à l’érosion et à la désertification, l’extension du couvert végétal et des forêts, l’entretien du milieu rural. Il en tirera fierté. Ce sont des responsabilités économiques et sociales majeures que toute la société doit reconnaître et valoriser, et qui sont de nature à rendre aux agriculteurs un sentiment de dignité justifié.
Agriculture et bilan carbone
L’agriculture mondiale constitue la première source d’émission de gaz à effet de serre, notamment du fait des émissions de carbone liées à la production d’un kg de viande. En effet, la production végétale est elle-même en grande partie destinée à la production de viande, notamment de boeuf, et la consommation de viande rouge par habitant a été multipliée par deux depuis le début du siècle.
Pour apprécier les émissions provenant de l’agriculture, il faut prendre en compte, non seulement les émissions de méthane, mais celles de protoxyde d’azote (N2O) et de CO2 lié à l’utilisation d’énergie (engrais, tracteurs…).
– la production d’une tonne de blé engendre environ 0,4 teq CO2 (provenant pour 25% du N2O issu des engrais et pour 75% du CO2 issu de la dépense énergétique)
– une tonne de boeuf engendre jusqu’à 10,2 teqCO2 (6,2 tonnes pour le CH4 provenant de la fermentation intestinale, plus 4 tonnes s’il est nourri aux céréales). L’alternative est bien entendu le pâturage (comme en Savoie !).
– pour 1 t de viande de volaille, 0,7 teq CO2 pour le CH4 provenant des déjections.
Notre alimentation
– Locale avec le marché de producteurs pour réduire le transport et pour le lien social.
– Jardins partagés; permaculture, …
– AMAP, Bio
– pour réduire la consommation d’intrants, grands gaspilleurs d’énergie,
– pour la santé du producteur et du consommateur !
– En vrac et en gros pour réduire les emballages (lessive 15 l en cubi)
– Ré-emploi des emballages (boite a œufs, pots de yaourt en verre, sac papier et tissus,…)