Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 23
Figure 8: Nombre de réacteurs nucléaires dans le Monde et projection pour 2060
Forces
Disponibilité en base :
Les diagrammes de RTE montrent à l’évidence que ce sont les centrales nucléaires qui assurent la base permanente de notre consommation, mais comme elles sont assez difficilement pilotables, les STEP en particulier « saisonnières », permettent d’optimiser leur fonctionnement en les maintenant en « base », à leur puissance constante et maximale évitant ainsi le triple inconvénient de la « modulation rapide » 32 de leur puissance, même si c’est techniquement possible (+/- 5 % de la puissance max en 5 min).
Contenu carbone :
Les émissions de GES « réalistes » du nucléaire français se situent autour de 10 geqC /kWh, soit 10 fois moins que le mix moyen européen et 12 fois moins que le gaz ! Le mix actuel (voir plus haut) de production d’électricité émet 10 800 teq C (soit 39 600 teq CO2). Si la totalité du parc nucléaire était remplacée par des centrales à gaz, la production d’électricité émettrait 191 000 teq CO2 soit cinq fois plus. Alors que sa part en proportion de la production d’énergie finale n’est que de 21%, la contribution du nucléaire à la diminution des émissions de GES en France est donc de l’ordre de 33 % (en faisant l’hypothèse que le nucléaire se substitue uniquement à du gaz), ce qui est tout à fait considérable.
32 Les changements rapides de températures de la « vapeur sèche » entraînant les turbines fragilisent les structures, érodent les pales des turbines et usent les « gaines des combustibles »… Pour diminuer la puissance on absorbe davantage de neutrons avec les barres de contrôles classiques (bore) ou grises (inox), … en consommant autant de combustibles pour moins de kWh… Pour absorber davantage de neutrons tout en gardant un flux homogène, on préfère injecter de l’eau borée dans le coeur du réacteur et donc extraire en même temps de l’eau radio-active…idem si l’on extrait de l’eau borée pour reprendre de la puissance. D’où la nécessité d’absorber cette radio-activité supplémentaire avec des résines qui deviendront autant de déchets encombrants.