Quelle électricité en france pour 2035 ar v6 © alain ricaud nov-d


Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 31

Un impact limité du coût du combustible. Comparé aux autres énergies fossiles (pétrole, charbon…), l’énergie nucléaire est beaucoup moins dépendante des évolutions du coût des matières premières combustibles. En effet, l’uranium naturel n’ entre que pour une faible part dans le coût de production de l’énergie (5 à 7%).

Des dépenses en partie financées sur fonds public. Une partie des investissements réalisée pour le nucléaire a été faite par l’État : c’est le cas notamment d’une grande parti e des dépenses de recherche et développement et de toutes les dépenses liées au contrôle de la sûreté, de la sécurité et de la transparence de l’information. Le montant de ces dépenses étant quasiment égal à celui des taxes spécifiques perçues, le bilan es t nul en dépenses et largement positif pour la nation en termes d’activité économique.

Les évolutions prévisibles :

Les frais de maintenance des installations nucléaires devront, en toute logique, augmenter en raison du vieillissement du parc des réacteurs ; du renforcement des exigences de sûreté et de sécurité suite à l’accident de Fukushima. Selon EDF, ce renchérissement avait déjà été largement anticipé par l’exploitant qui avait prévu de doubler ses investissements d’ici à 2025. Au total, 55 milliards d’euros supplémentaires seront investis dans le parc nucléaire français, avec un impact estimé à environ 10 % sur le coût de production de l’électricité pour passer d’une durée d’exploitation du parc de 40 à 60 ans). En conséquence, selon les estimations de la Cour des comptes, le coût de production – hors gestion des déchets de longue durée et démantèlement – devrait progresser de 49,5 €/MWh (coût de 2010) à 54,2€/MWh en 2025 (en euros constants).

Des incertitudes connues :

L’audit de la Cour des comptes a analysé trois facteurs particuliers intervenant dans l’évaluation des coûts du nucléaire en France :

Les coûts du démantèlement pour lesquels l’industrie dispose encore de peu d’expérience même si plusieurs réacteurs ont déjà été démantelés, par exemple, aux Etats-Unis ;

Le coût de la gestion des déchets les plus radioactifs du nucléaire, selon les options qui seront choisies.

Le « taux d’actualisation » : le coût du loyer de l’argent combiné à l’évolution de l’inflation joue un rôle très important dans les calculs des économistes.

Concernant le démantèlement des centrales et la gestion de la totalité des déchets, la Cour des comptes a indiqué qu’ils sont, par nature, très difficiles à prévoir en raison du manque de retour d’expérience dans ce domaine. Cependant, même si les incertitudes sont grandes, leur faible part dans le coût du kWh nucléaire ne conduira qu’à un impact limité : pas plus de 6% du coût global de production. Pour ces charges futures de démantèlement et gestion des déchets, l’État a validé le taux d’actualisation utilisé par les exploitants pour constituer leurs provisions. Ce taux est actuellement inférieur à 3%.

Tableau 4: Coût estimatif de production des réacteurs existants intégrant le traitement des déchets longue durée, la mise

à niveau et le démantèlement ( €/MWh)

Coût total passé /an

Mise aux normes

Renforcement des piscines

Déchets

longue durée

Démantèlement

futur Coût total /an Prix de vente Marge

€/MWh €/MWh €/MWh €/MWh €/MWh €/MWh €/MWh €/MWh

19 200 000 000 58 000 000 000 58 000 000 000 58 000 000 000 58 000 000 000 25 000 000 000 26 230 500 000

49,04 3,70 3,70 3,70 3,70 63,86 67,00 3,14

77% 5,8% 5,8% 5,8% 5,8% 100% 4,7%

100%

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