Quelle électricité en france pour 2035 ar v6 © alain ricaud nov-d


Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 40

Au global, la France qui n’a pas beaucoup investi dans la filière bien qu’elle ait commencé la première60, n’aura finalement pas trop perdu. Il lui reste ses territoires, ses bâtiments, ses monteurs de projets, ses banquiers, ses bureaux d’études, ses intégrateurs, ses installateurs, tous éléments qui peuvent – au moins pour certains – ne pas être délocalisés. Il lui reste aussi quelques laboratoires qui poursuivent des recherches avancées dans des matériaux et procédés innovants.

L’Allemagne qui comptait beaucoup sur son industrie solaire pour l’exportation aura été prise à son propre piège en vendant usines clé en main, process et machines-outils aux chinois, qui en retour l’inondent de modules produits deux fois moins cher.

Les Etats-Unis sont et resteront le laboratoire du monde avec les nouvelles technologies et l’esprit entrepreneurial qui caractérise ses start-ups californiennes. Les aides publiques au secteur continueront de se transformer en royalties de brevets et de licences.

Seul le Japon qui a toujours su garder ses industries chez lui, aura vraiment réussi à transformer l’argent public en programmes de recherches, en industrie locale, emplois et exportations.

Les chiffres au niveau mondial

Le cumul des installations mondiales s’élevait à 404 GWc à fin 2017, grâce au déploiement du solaire en Chine vers un nouveau record de 53 à 60 GW en 2018, mais aussi en Inde … En 2017, au niveau mondial, la production d’électricité solaire photovoltaïque atteignait 444 TWh, soit 1,7 % de la production mondiale d’électricité ; en 2018, elle est estimée à 585 TWh. L’Agence internationale de l’énergie prévoit que la part du photovoltaïque pourrait atteindre 16 % en 2050. En 2018, quatre pays concentrent plus des deux tiers de la puissance installée photovoltaïque : la Chine (35 %), les États-Unis (12 %), le Japon (11 %) et l’Allemagne (9 %). En valeur, les livraisons mondiales de modules auraient atteint 37 milliards de dollars en 2017. Pour 100 GW livrés, cela représente un prix de vente moyen sorti usine à 0.37 € /Wc.

Les forces

1. La source est bien d’origine nucléaire ; sa durée de vie se compte en milliards d’années et le

retraitement des déchets y est intégré, à 150 millions de km de distance…

2. Elle est assez également répartie sur l’ensemble de la planète avec des ratios de gisement

allant de 1 à 3 et chacun de nous dispose de la source à sa porte.

3. La conversion de la lumière en électricité est directe : elle ne passe pas par une

transformation de Carnot.

4. Elle génère très peu de gaz à effet de serre (50 g eq CO2 /kWh), moins carboné que le mix

électrique actuel du réseau français (70 g eq CO2 /kWh).

5. Les installations sont silencieuses, non polluantes et demandent très peu de maintenance. 6. Les installations sont modulaires.

60 Dès la fin des années 1970, avec France-Photon filiale de Leroy-Somer et de Solarex ainsi que Photowatt filiale d’ELF et de la SAFT, soutenues par le COMES (Commissariat à l’Energie Solaire créé par Giscard d’Estaing et présidé par Henry Durand), le développement d’une industrie photovoltaïque nationale fut en France une priorité. Avec le contre-choc pétrolier de 1984, le décrochage des ambitions françaises dans ce domaine durera de 1985 à 2005. Elles ne renaîtront qu’autour de 2006, soit 13 ans après le début des programmes japonais de connexion au réseau et 8 ans après l’Allemagne, avec le Grenelle de l’environnement et la mise en place d’une politique de soutien volontariste par des tarifs d’achat, prolongée par la loi sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

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