Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 43
(cellules multi spectrales, absorption à deux photons par des semi-conducteurs magnétiques, développement foudroyant des perovskites63, etc…), et les prototypes pour leur mise en œuvre industrielle soient accompagnées de façon structurée et pérenne.
La prise de conscience du potentiel des énergies renouvelables et de leurs coûts en chute libre est encore fragile au sein des cercles dirigeants. Alors que se multiplient les appels à la relance d’un programme électronucléaire en France, il est utile de rappeler qu’elles représentent au contraire aujourd’hui une réalité sous-estimée. La France a commencé à combler son retard au moment où les énergies renouvelables, solaires et éoliennes, sont désormais compétitives partout dans le monde. Le développement à grande échelle du photovoltaïque, inimaginable il y a 20 ans, est maintenant enclenché, avec plus de 100 GW installés annuellement dans le monde, pour un cumul actuel de 500 GW, qui pourrait atteindre 1 600 GW en 2035. Avec un coût de production des modules en sortie d’usine d’environ 0,35 $/Wc les réponses aux appels d’offre pour les très grandes centrales multi MW plein champs peuvent descendre à 45 € /MWh en certains pays comme l’Inde (fort ensoleillement 1 800 kWh/kWc). En France actuellement, les réponses aux appels d’offre de la CRE (commission de régulation de l’énergie) sont à 67,5 €/MWh pour les centrales au sol de moins de 5 MWc (moyen ensoleillement 1 200 kWh/kWc). Elle entraîne également un cercle vertueux sur le développement des technologies de stockage, de réseau intelligent et de numérisation.
Sur les 9 GW de PV connectés en France à fin 2018, la répartition est de 6 GW sur bâtiment et 3 GW au sol. Au cours du premier semestre 2019, seulement 397 MW de puissance supplémentaire ont été raccordés, contre 490 MW en 2018 sur la même période. Le parc PV français a ainsi progressé de 4% sur le premier semestre … Les installations mises en service au cours du premier semestre se concentrent principalement dans la moitié sud de la France continentale : 92 MW en Occitanie, 77 MW en Nouvelle-Aquitaine, 61 MW en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 45 MW en Auvergne-Rhône- Alpes.
Grâce à des conditions d’ensoleillement très favorables, la production d’électricité d’origine solaire photovoltaïque s’élevait à 6 TWh sur le premier semestre 2019, en augmentation de 23 % comparé au premier semestre de l’année précédente.
En prenant comme hypothèse de croissance des taux relativement raisonnables allant de 13% /an en 2020, 10% en 2030, et 8% /an en 2035, et en supposant que le ratio bâti / plein champ reste d’un facteur 2, on obtient le Tableau 7 qui fait apparaître une production d’électricité photovoltaïque de 12 TWh en 2020, 21 TWh en 2025, 34 TWh en 2030 et 51 TWh en 2035.
63 Le cristal CH3NH3PbI3 absorbe bien la lumière et a des propriétés (découvertes en 2012) permettant d’atteindre les meilleurs rendements de conversion (25,6 %, record actuel pour le silicium). La structure pérovskite est mise à profit pour fabriquer une nouvelle génération de cellules solaires inorganiques-organiques à haut-rendement car les porteurs de charge y ont de grandes longueurs de diffusion.