Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 56
mai 2018, Alstom signait un accord avec General Electric pour sortir du capital des trois coentreprises créées en 2015 lors du rachat de ses activités dans l’énergie, dont sa branche éolienne. General Electric Renewable Energy a annoncé en octobre 2019 les premières ventes de ses turbines « made in France » de 12 MW baptisées « Haliade-X », les plus puissantes au monde. L’usine de Saint-Nazaire de GE Renewable Energy démarre le 30 octobre 2019 la fabrication des 80 turbines de type Haliade 150 (6 MW) destinées au parc éolien de Saint- Nazaire exploité par EDF. GE Renewable Energy a aussi été retenu en tant que « fournisseur privilégié » par Dogger Bank Wind Farms, qui développe le futur « plus grand parc éolien en mer au monde », à 130 kilomètres des côtes du Yorkshire, au Royaume-Uni, où 300 Haliade-X seront installées à partir de 2023. Avec ce carnet de commandes de 480 turbines, l’effectif de 140 salariés de l’usine doit être porté à 350 d’ici à la mi-2020, et celui de l’usine LM Wind Power, filiale de GE qui produit à Cherbourg les pales de l’Haliade-X, passera de 120 à 320 salariés.
Areva Wind a pris pied dans la filière en rachetant l’Allemand Multibrid en 2007-2009 et une filiale de rotors, PN Rotor GmbH, en 2009 ; elle n’a de français que son actionnaire Areva, son siège social et ses usines étant situés en Allemagne, à Bremerhaven et à Stade ; elle s’est cependant engagée, à la suite du premier appel d’offres pour l’éolien en mer en avril 2012, où le consortium Iberdrola-Areva avait emporté un site, à construire deux usines au Havre et de créer 2 000 emplois ; avec les deux champs éoliens gagnés au deuxième tour avec GDF Suez, le groupe parle désormais de quatre usines au Havre et 6 000 emplois directs et indirects; en 2014, Areva crée avec Gamesa une entreprise commune (50 % Areva, 50 % Gamesa) nommée Adwen dans le domaine de l’éolien en mer ; en septembre 2016, Gamesa, après sa fusion avec les activités éoliennes de Siemens, rachète la part de 50 % d’Areva dans Adwen pour 60 millions d’euros. En 2019, Siemens-Gamesa a commencé au Havre les travaux de construction d’une usine de pales et nacelles d’éoliennes en mer dont la mise en service progressive est prévue fin 2021 ; elle produira les 336 éoliennes de cinq parcs français avec 750 emplois directs et indirects.
Francéole, lancée au début 2013, fabrique des mâts pour éoliennes terrestres, marché sur lequel 50 % des produits installés en France venaient jusque-là d’Allemagne.
Malgré ce tissu local, l’écrasante majorité des éoliennes installées en France sont de marques étrangères : 78,5 % proviennent de quatre grands fabricants :
Enercon (Allemagne) : 25,2 % ;
Vestas (Danemark) : 21,9 % ;
Senvion (ex-REpower) (Allemagne) : 18 % ;
Nordex (Allemagne) : 13,4 %.
Avec l’espagnol Gamesa (8,5 %), Siemens (3,4 %) et GE Energy (3,4 %), WinWinD (0,5 %) et Acciona (0,5 %), les étrangers atteignent au total 95 %. Les constructeurs français se répartissent les 5 % restants, dont 3 % pour Alstom (+Ecotècnia) et 0,9 % pour Vergnet.
Parmi les exploitants de parcs éoliens, les principaux sont :
Engie : 1 900 MW en France en septembre 2018 après le rachat du développeur Sameole et de son portefeuille de projets de 500 MW ; Engie avait déjà racheté en juin 2018 la société bretonne Langa, 1 500 MW en France en 2014 directement et à travers ses filiales : CNR, La Compagnie du Vent, Éole Generation, Maïa, rachetée au printemps 2016 puis fusionnée avec Engie Green ; Engie estime sa part de marché à 15 % dans l’éolien et, compte tenu des projets en cours, compte passer de 1,5 GW en 2016 à 2,2 GW en 2018 et 3 GW en 2021 ;
EDF Renouvelables : 853 MW en France (+197,5 MW en construction), sur 6 249 MW de puissance installée au 30 juin 2014 ; l’éolien représente 87 % de la capacité installée totale d’EDF-EN ;
Boralex (entreprise canadienne qui a racheté en 2014 Enel Green Power France) : 445 MW installés en France, sur 750 MW installés dans le monde fin décembre 2014 (Canada, États-Unis, France). L’éolien représente 80 % de la capacité installée totale de Boralex;
EOLE-RES (filiale du britannique RES – Renewable Energy Systems87) : près de 500 MW installés ou en cours de construction ;
Ostwind (entreprise familiale indépendante allemande) : 234 MW installés (110 éoliennes) en France sur 725 MW au total en Europe89 ; le principal parc, celui de la Communauté de Communes du Canton de Fruges (Pas de Calais), est le plus grand ensemble éolien de France selon Ostwind, avec 140 MW.
La sortie d’Areva de l’éolien en mer en septembre 2016, par cession à Gamesa de ses parts dans la coentreprise Adwen, après la cession de 50 % de l’activité éolienne d’Alstom à General Electric, sonne le glas des grandes ambitions de l’État dans le secteur.