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Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 65

dans le cas d’une très longue utilisation (plusieurs décennies, voire, on peut l’espérer, plusieurs siècles pour le barrage lui-même). La grande hydraulique est donc une énergie très rentable, dans beaucoup de sites. La petite hydraulique, dont le coût total (amortissements compris) est estimé à environ 39 € / MWh, bien que trois fois plus cher, est aussi rentable.

L’énergie hydraulique en France

En France, l’énergie hydraulique est la deuxième forme de production d’énergie derrière le nucléaire, avec 10-13 % de la production électrique totale. Une année moyenne voit ainsi naître 60 TWh d’électricité à partir de l’eau, avec des variations en fonction des niveaux de précipitation. La pluviométrie a en effet une très grande incidence sur la production d’énergie hydraulique ; en 2011 par exemple, elle a ainsi chuté de 26 %, en raison de la faiblesse des pluies. La production hydroélectrique française se répartit entre centrales de lac, STEP, centrales d’éclusée et centrales au fil de l’eau. Elles peuvent démarrer de l’arrêt à la pleine puissance en 2 à 5 minutes, et avec leur « téléréglage », suivre instantanément les besoins du réseau de consommation…

La micro-hydraulique :

La gamme de puissance des micro-centrales est définie pour des installations inférieures à 10 MWel. Idéale pour l’électrification des sites isolés, la PCH apporte aussi un appoint à la production nationale en cas de pic de consommation. A fin 2000, la capacité des petites centrales hydrauliques (PCH) installées dans l’Europe des 15 s’élevait à 10 GW. Ce total évolue très peu en raison de la saturation des gisements et des nombreuses contraintes (notamment environnementales) que rencontrent les exploitants. Plus de 80% du parc est installé dans 6 pays : l’Italie, la France, l’Espagne, l’Allemagne, la Suède et l’Autriche. En France, le potentiel disponible est encore de l’ordre de 2 GW. Les impacts environnementaux et les réglementations correspondantes constituent le principal obstacle au développement de cette source d’énergie. Le prix de revient du kWh est de l’ordre de 0.04 €. Aucun changement majeur de tendance ne s’annonce en Europe, et les projets les plus importants sont annoncés dans les pays d’Europe de l’Est tels que la Pologne.

En France, au moment où la Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la Transition Énergétique réhabilite le potentiel économique de la petite hydroélectricité, on ne peut que constater que la ressource conventionnelle en hydroélectricité sédentaire (barrages) est arrivée à saturation ; les sites « au fil de l’eau » potentiellement productibles sont abondants, bien répartis sur le territoire mais peu exploitables, à cause des nuisances sévères envers les milieux aquatiques, et des coûts d’exploitation dissuasifs liés aux fragilités structurelles des turbomachines immergées.

Il existe cependant un potentiel de renouvellement avec d’autres techniques comme celle développée par la société grenobloise ENERFLUV un concept disruptif permettant la valorisation de l’énergie cinétique des fleuves, rivières, torrents et sites estuariens… grâce à un système non agressif qui respecte l’écosystème aquatique, sans génie-civil ou d’aménagements sédentaires sur le cours d’eau. Affaire à suivre…

Les STEP :

Les STEP (Systèmes de transfert d’énergie par pompage) reposent sur le principe suivant : quand la production électrique dépasse la demande, l’électricité excédentaire est utilisée pour pomper de l’eau, d’un barrage situé en aval vers un barrage en altitude, et aux heures de forte demande, cette même eau est turbinée de l’amont vers l’aval pour produire de l’électricité; le rendement énergétique est de 80 %.

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