Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 66
En cumulé, le volume annuel de stockage en France est actuellement de 7 TWh, soit environ 1,5 % de la consommation française annuelle. La PPE prévoit d’« engager d’ici 2023 (…) le développement de 1 à 2 GW de STEP à l’horizon 2030. »
Les potentialités des STEP varient selon leur taille ; elles se répartissent suivant 3 grandes catégories :
Les STEP journalières : lorsque les réservoirs ne stockent l’eau que pendant quelques heures de pleine puissance, le cycle est journalier (la puissance installée en France est de 2 GW); pompages en heures creuses, en particulier la nuit, quand le kWh est bon marché et turbinages en heures de pointe dans la journée (ex : Revin)
Les STEP hebdomadaires : une capacité de stockage de quelques dizaines d’heures permet de traiter un cycle hebdomadaire (2 GW installés). pompages en heures creuses de nuit et de W-E, turbinage en heures de pointe (ex : Montezic).
Les STEP saisonnières : pompages en heures creuses de nuit, de W-E et au printemps et en été, turbinages en heures de pointe et surtout en hiver… avec la capacité de turbiner en continu au moins 100 h d’affilée , en cas de risque de rupture du « réseau Très Haute Tension » avec l’ arrêt brutal d’un réacteur nucléaire par ex, et pour permettre le démarrage d’un grand groupe thermique de secours…(ex : Grandmaison)
Avec une production électrique dépendant à 75 % du nucléaire, la suprématie des STEP saisonnières est incontestable, mais avec l’accroissement important des EnR variables, les démarrages et arrêts des STEP deviennent beaucoup plus fréquents dans une seule journée… les STEP hebdomadaires deviennent aussi plus intéressantes, en particulier en Bretagne et Normandie, avec les projets de Guerlédan ou de Vezins, proches des projets de « parcs éoliens off shore » …
La gestion de l’électricité
Réduire les consommations domestiques
Dans une maison standard, la manière dont les gens l’occupent impacte directement la consommation. Cet impact devient plus visible lorsque c’est un bâtiment à faible consommation. Supposons en effet qu’une consommation directement liée au comportement des occupants représente 5% de la consommation totale pour un bâtiment consommant au total 20 000 kWh par an. Pour un bâtiment consommant quatre fois moins, cette consommation représentera 20% de la consommation totale, alors qu’elle n’aura pas changé et sera toujours de 1 000 kWh par an.
La sobriété énergétique
Lorsque le comportement des usages permet une diminution des besoins on parle de sobriété énergétique. Le levier d’action le plus évident est une moindre utilisation des équipements domestiques, restreinte à une réelle nécessité :
N’éclairer que quand et où il le faut
Ne pas laisser en fonctionnement ou même en veille des appareils non utilisés (chaîne hi-fi, télévision, magnétoscope, ordinateur, etc …).
Se passer d’une partie du gros électroménager : éviter le sèche-linge par exemple.
Prendre plutôt des douches courtes que des bains.