Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 70
doit apporter cette souplesse« , dit Thomas Veyrenc, le directeur du département marchés de RTE. Plutôt que d’augmenter la production de coûteuses centrales de pointe émettrices de CO2, pour passer les pics de demande d’électricité, on peut reporter la demande à un moment plus favorable, mais l’idéal est de réduire la consommation. Il y a en effet l’effacement industriel (ENERGY POOL) qui est un report de consommation et l’effacement grand public (VOLTALIS) qui est une véritable économie d’énergie. L’enjeu vital des consommateurs électro-intensifs a été adressé en Savoie via le parcours exceptionnel d’un intégrateur comme la startup Energy Pool. Car si la flexibilité et la pointe ne peuvent compter aujourd’hui que sur une contribution limitée des particuliers, l’apport de certains industriels est décisive et pourrait être de 5 à 6 GW !77 Le développement d’un marché de l’effacement en France est l’enjeu d’un affrontement qui dure depuis dix ans entre les producteurs d’électricité qui s’opposent aux start-up qui prônent le recours à l’effacement pour équilibrer le réseau. La guerre entre tenants du mégawatt et promoteurs du « négawatt » perdure. Pour ces derniers, l’effacement doit être traité et rémunéré à l’égal d’une entreprise de production d’énergie.
Effets du recyclage de l’Aluminium
L’aluminium est un concentré d’électricité : en effet, l’électrolyse de l’Alumine issue de la bauxite nécessite 11 MWh/tonne ! C’est un produit industriel qu’on trouve à l’état pur ou sous forme d’alliages. L’utilisation de ce métal s’est généralisée que ce soit dans l’industrie ou les activités domestiques. C’est le métal qu’on trouve le plus abondamment dans la croûte terrestre. Il constituerait 8% de la masse de la croûte terrestre juste après l’oxygène et le silicium. C’est en 1821 que Pierre Berthier découvre une mine près de Baux-de-Provence –d’où le nom de bauxite- avec plus de 50% d’oxyde d’aluminium. Grâce à sa ductilité, sa bonne conductivité thermique et électrique, l’aluminium est devenu le deuxième métal le plus utilisé après le fer. On l’utilise souvent sous forme d’alliage avec le cuivre ou le silicium. C’est dans la construction automobile, l’électronique, l’emballage qu’on l’utilise le plus. Mais aussi en cuisine, décoration et toute autre utilisation quotidienne. Théoriquement, on peut facilement recycler l’aluminium. Et si ce n’est pas suffisant compte tenu des énormes déchets qu’il représente (canettes, emballages, …), c’est parce que les collectes ne sont pas organisées. On n’a surtout pas conscience que le recyclage de l’aluminium est beaucoup moins couteux que son extraction. Il ne nécessite que 1 MWh /tonne, seulement 9% de ce qui est nécessaire pour le métal neuf. En outre l’aluminium peut se recycler à l’infini sans perdre de sa valeur ou de ses qualités contrairement au plastic, à condition qu’il soit pur et non lié à d’autres métaux. En 2017, le prix de gros de l’Aluminium neuf s’établissait à 1 900 $/t. Il est monté à plus de 3000 dollars en 2008 et de moins de 1 500 dollars en 2009. Chez le ferrailleur, l’aluminium usagé peut se vendre entre 0,80 € et 1,20 € le kilo en 2019. Alors, lançons des campagnes de recyclage !
Le stockage
L’éolien et le solaire photovoltaïque assurant une part croissante de la production d’électricité et produisant en fonction des conditions météorologiques et non de la demande, la gestion de l’équilibre entre offre et demande requiert une particulière attention. À court terme, cette gestion devrait passer par le développement de capacités de stockage utilisant des techniques éprouvées, ainsi que d’outils de gestion rendant la demande plus flexible, comme le fait actuellement le parc de chauffe eau électriques à accumulation.
77 Conversation avec JP Vial, sénateur, le 31-07-18