Quelle électricité en france pour 2035 ar v6 © alain ricaud nov-d


Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 83

Ils permettent des facturations sur la base de données réelles et non plus estimées; – Grâce à une meilleure connaissance de sa consommation, le consommateur peut bénéficier

d’une offre tarifaire mieux adaptée ;

Il facilite l’émergence de services de pilotage de la consommation (équipements

électroménagers, ballon d’eau chaude, borne de recharge de véhicule électrique, etc.) en fonction d’options tarifaires ou d’ordres d’effacement ;

Il mesure les volumes d’électricité consommés, mais également les volumes produits par les

installations de production d’électricité des particuliers;

Selon la CRE, sa généralisation « serait globalement neutre du point de vue financier grâce aux

futures économies de coûts d’exploitation associées à l’installation du compteur ».

Il permet de faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique, en

contribuant à gérer l’intermittence de la production d’électricité de ces sources d’énergie.

Il permet de comptabiliser en temps réel les kilowattheures injectés dans le réseau et ceux qui y

sont prélevés;

Le véhicule électrique : un moyen de stockage solaire mobile

Même si le pétrole semble irremplaçable pour les transports dans le moyen terme, à échéance de 2020 il sera très mal vu de faire ses petits déplacements avec des véhicules conventionnels. Les pouvoirs publics se montrent donc très volontaristes en faveur des véhicules électriques – du moins pour les trajets de commutation. Ainsi, l’Allemagne voulait en 2020 un million de voitures électriques dans son plan pour le développement de l’électro-mobilité. Avec beaucoup d’optimisme, Carlos Gohn en 2010 estimait à 10 % en 2020 la part des véhicules électriques sur le marché français…

Les véhicules 100 % électriques offrent l’énorme avantage de ne pas émettre de polluants (HC, Nox, particules…) ni rejet de CO2 lors de leur utilisation avec de l’électricité française de base, ceci dans un silence total de fonctionnement, une maintenance minime et pour un coût extrêmement bas. Pour les déplacements locaux (qui ne dépassent pas 40 km par jour en moyenne), la solution véhicule électrique rechargé au photovoltaïque représente un plus énergétique et environnemental très important. Recharger les batteries d’un véhicule électrique pour des déplacements annuels de 12 000 km consomme 2 600 kWh d’énergie utile, soit en tenant compte du rendement de charge- décharge des batteries et du rendement du moteur : 4 200 kWh d’énergie finale pris sur le réseau, ce qui coûte moins de la moitié du coût du gaz-oil. Une puissance solaire photovoltaïque de 4 kWc permet de générer les 4 200 kWh/an nécessaires avec des émissions quasi-nulles de GES.

Un espace d’innovation et de grande activité s’ouvre donc pour le véhicule électrique et son infrastructure de recharge.

Inscrivons-nous maintenant dans une situation où il y aurait 10 millions de véhicules disposant d’une capacité de stockage de 20 kWh/véhicule soit 200 GWh répartis sur tout le territoire. En prélevant 10 % maximum de cette capacité pour des besoins domestiques, il y a là un stockage quotidien de 20 GWh qui peut être utilisé pour effacer la pointe du soir.

Chargés au travail et déchargés en différé, les véhicules « transportent » l’énergie solaire du midi vers le soir, rendant ainsi à la collectivité un service d’usage autre que le seul transport. Ce faisant, on a créé le stockage mobile d’électricité solaire ! 87

87 Proposition d’Alain Ricaud dans « Construire une maison à énergie positive » Dunod Septembre 2010.

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