Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 92
Figure 25: Volume annuel prévisionnel de déchets nucléaires dans le scenario B
Scenario C : six EPR supplémentaires à la demande du gouvernement :
Les pro-nucléaires continuent à s’autoproclamer comme les meilleurs défenseurs contre les émissions de CO2 et pensent que l’avenir est de relancer la fission de l’uranium en s’aidant à la marge des EnR afin de remplacer le charbon, le gaz et le pétrole. L’Etat a jusqu’à présent fait montre d’un fidèle soutien à la filière nucléaire et à EDF dont il détient 84 % des parts. Cependant, depuis quelques mois, l’exécutif est devenu fébrile devant le fiasco de l’EPR de Flamanville.
Emmanuel Macron a demandé d’évaluer coûts et délais pour 6 EPR supplémentaires. Le 12 Septembre, Elisabeth Borne et Bruno Lemaire ont donc envoyé une lettre au Président d’EDF pour une feuille de route qui mette EDF « en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de 3 paires de réacte urs sur 3 sites distincts … chaque paire sera construite tous les quatre ans sur une durée de 18 mois maximum». Et pour ce nouveau départ du nucléaire, un état des lieux devait être réalisé mi-Novembre sur les premiers EPR. Puis, mi-Décembre, EDF devait fournir au gouvernement « une analyse des capacités de la filière » pour réaliser les nouveaux EPR. La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps : le coût de 6 réacteurs construits par tranche de deux s’élèverait à 46 milliards €. A cela, il faudrait ajouter pour chaque réacteur, 400 millions € de provisions pour le démantèlement + 500 millions € d’« incertitudes ». Soit, selon les chiffres d’EDF, un total de 51,2 milliards €.
Nous avons donc fait l’exercice en faisant les hypothèses suivantes (scenario C):
durée de vie de 42 ans pour les réacteurs du parc existant (sécurité prioritaire),
diminution de la consommation d’électricité de 2% /an
y ajoutant 2 réacteurs de type EPR en 2027, 2 en 2028 et 2 en 2029, avec une cadence supérieure à celle demandée par le gouvernement pour éviter un recours à la production thermique, source de GES.
arrêt de la production d’électricité par centrales thermiques en 2031
augmentation régulière des capacités de production thermique à partir de biomasse
croissance modérée des ENR solaires et éoliennes de 8,1 % /an
maintien permanent d’une production d’électricité de l’ordre de 10% supérieure à la demande.
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2 000
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6 000
8 000
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2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035
Prévision du volume de déchets nucléaires produits en France (m3 /an)
SCENARIO B