Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 12
Les émissions de gaz à effet de serre
Au niveau mondial
La production mondiale d’énergie commercialisée était en 2018, selon BP, de 13 865 Mtep, en progression de 18,5 % depuis 2008. Elle se répartissait en 32,3 % de pétrole, 28,3 % de charbon, 24,0 % de gaz naturel, 4,4 % 19 de nucléaire et 11,5 % d’énergies renouvelables (hydroélectricité 6,8 %, éolien 2,1 %, biomasse et géothermie 1 %, solaire 1 %, agrocarburants 0,6 %).20 Concernant les tendances relatives pour chaque source, la consommation de pétrole est à peu près stable (depuis 2009 on constate un léger déclin), la part du charbon est remontée à cause de la Chine, le gaz naturel est en forte croissance, le taux de croissance du nucléaire est en net déclin, et les ENR prennent leur envol (+ 25% /an). Le charbon, produit à raison de 3,7 Gt par an, reste hélas une énergie en développement. Essentiellement utilisé aux USA, en Chine et en Inde, le charbon produit plus de 40 % de l’électricité mondiale, il est très bon marché (40 US$/ t) et ses réserves sont abondantes (200 ans de consommation au rythme actuel).
Figure 3: Les émissions mondiales de CO2 par source de 1860 à 2012 (teq CO2)
On a émis en 2018 dans le monde environ 50 Gteq CO2
21. Pour rétablir la situation il faudrait
n’émettre que 11 Gteq CO2 par an, soit en moyenne environ 1,5 teq CO2 par habitant.
19 Comptabilisé en énergie primaire
20 Cette statistique ne prend pas en compte les énergies auto-consommées (bois, pompes à chaleur, solaire thermique, etc.), qui selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) représentaient 8,5 % en 2017. Au total, la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie mondiale est donc d’environ 20 %.
21 Pour agréger l’ensemble des sources de gaz à effet de serre (GES) il est convenu de les additionner en les pondérant par leur pouvoir de réchauffement global (1 pour le CO2, 21 pour le CH4, 310 pour le N2O, 6000 pour les CFC) et par leur durée de vies dans l’atmosphère, le résultat étant exprimé en g eq CO2 à distinguer des g CO2 qui ne rendent compte que de l’émission du dioxyde de carbone. La confusion est hélas fréquente, même dans les revues scientifiques. On utilisera le plus souvent dans la suite de ce texte la mesure en g eq CO2 qui peut également s’exprimer par certains en g eq C justement pour éviter cette confusion (1 g eq C = 44/12 g eq CO2).