Quelle électricité en France pour 2035 AR v6 © Alain RICAUD Nov-Déc 2019 Page 96
Charbon, gaz, et pétrole ont en commun l’énorme avantage d’être faciles d’utilisation (il suffit de les faire brûler) et plutôt bon marché (la nature s’est chargée de les fabriquer, presque prêts à l’emploi). Ils ont en revanche plusieurs inconvénients : les process industriels qu’ils utilisent mettent en jeu des fortes pressions et des températures élevées dont la dangerosité est reconnue et doivent faire l’objet d’attentions particulières ; ils ne libèrent leur énergie que sous forme de chaleur (certes utile, mais aussi thermodynamiquement la moins souple d’utilisation) et surtout de le faire en rejetant dans l’atmosphère leur carbone sous forme de gaz à effet de serre: en langage écologique, on dit que l’aval du cycle de ces énergies n’est pas assuré puisque les déchets produits ne sont ni retraités, ni stockés et qu’on n’a aucune idée du coût de telles opérations.
Les contraintes environnementales qui viennent borner les marges de manoeuvre du domaine de l’énergie sont de quatre ordres:
– les risques de réchauffement de l’atmosphère, notamment par les émissions de CO2,
– les risques de raréfaction et d’épuisement des ressources fossiles,
– les risques associés au nucléaire civil (accidents, prolifération, déchets hautement radioactifs à longue durée de vie),
– les risques de concurrence d’usage des sols entre les besoins liés à la production alimentaire et ceux liés à la production d’énergie,
Ces risques viennent compléter le réseau de contraintes auxquels les systèmes énergétiques sont durablement soumis. Ils ne sont pas indépendants et la diminution de l’un peut avoir pour conséquence de renforcer l’un ou plusieurs autres. C’est ainsi que pour lutter contre le réchauffement du climat, il faut envisager de réduire le recours aux énergies fossiles. Ce faisant on repousse l’échéance de l’épuisement des ressources fossiles en même temps qu’on ralentit les émissions de gaz à effet de serre. Mais si on augmente considérablement le recours à l’énergie nucléaire ou aux énergies renouvelables, on augmente d’autant les nuisances qui leur sont associés.
Coûts d’investissements dans le nucléaire
Tableau 30: Coûts estimés comparés d’investissement dans le nucléaire pour les 3 scenarii
Coûts d’investissement du mix électrique
Tableau 31 : Coûts d’investissements annuels pour le m ix énergétique du scenario A
Nucléaire 2020-2035 Scenario A Scenario B Scenario C
Coût nouveaux réacteurs (M€) 2 480 2 480 44 480
Coût du grand carénage (M€) 21 974 48 396 21 968
Renforcement des piscines (M€) 21 974 48 396 21 968
Déchets de longue durée (M€) 26 369 38 618 30 476
Démantèlement (M€) 33 045 48 396 38 192
Investissement total (M€) 105 842 186 285 157 084
Coûts d’investissement (M€) 19 755 23 269 19 410 18 470 18 464 18 163 18 948 18 356 17 179 17 534 12 982 13 431 13 887 13 490 12 828 13 265
Nucléaire 14 417 12 090 11 724 10 093 9 361 8 294 8 263 6 800 4 686 3 629 3 100 3 100 3 100 3 100 2 043 2 043
Photovoltaïque bâti 2 340 2 605 2 858 3 100 3 333 3 557 3 773 3 983 4 186 4 384 4 576 4 764 4 948 5 128 5 305 5 478
Photovoltaïque plein champ 605 645 684 723 760 797 833 869 904 938 972 1 006 1 039 1 072 1 104 1 136
Eolien terrestre 2 293 2 470 2 660 2 865 3 086 3 324 3 580 3 856 4 153 4 441 2 139 2 212 2 288 2 367 2 448 2 532
Eolien en mer 99 4 851 907 1 052 1 220 1 414 1 640 1 902 2 206 2 546 1 433 1 543 1 662 1 790 1 928 2 076
Aménagement STEP 608 576 638 704 778 858 947 1046 1596 762 805 850 33 0 0