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artisans, le groupe exclut toute délocalisation de la production vers l’Empire du Milieu.C’est ce qu’on appelle dans le jargon de la stratégie une « exportation simple » De même, dans le cadre de la diversification des produits, Hermès a du abandonner en juillet 2005, de la commercialisation du « fourre-tout » en toile, très rentable, mais jugé non conforme à son image de marque. En effet ce sac, grâce à sa qualité moindre permettait d’obtenir des marges plus intéressantes que sur les sacs plus luxueux, mais cette même qualité moindre, combinée au prix plus abordable du sac, n’était pas cohérente avec le positionnement historique de la marque. Une contrainte de sentier certes, mais surtout une lucidité du management quant à cette contrainte qu’il faut niter Cet abandon a engendré 2,5 points de croissance en moins, selon Patrick Thomas, déjà confronté au ralentissement de la croissance de son chiffre d’affaires. Cette préférence pour positionnement à long terme, quitte à revoir ses résultats de court terme à la baisse, n’est possible que grâce à la structure particulière de la société. En effet, La société Emile Hermès SARL joue le rôle d’associé commandité et détient le pouvoir et la gestion, quelle que soit la part détenue par la trentaine d’actionnaires familiaux. La structure familiale est un facteur clé du succès du groupe, voilà pourquoi plus de 170 ans après l’ouverture du magasin, Hermès est encore dirigé par des membres de la famille du fondateur. La stratégie actuelle d’Hermès est donc d’étendre son implantation géographique, et d’augmenter la profondeur de l’offre ,de rénover ses points de vente en propre, tout en restant prudent sur les leviers de croissance à court terme et en limitant la distribution aux voies cohérentes avec son image (en faisant « rêver » les clients)Cette expansion du marché dans le respect des valeurs fondamentales de la société a ainsi permis à Hermès de résister à la crise, d’être relativement épargné par la tourmente boursière et de faire figure d’exception dans le paysage du luxe européen. A 6 ans d’écart, Fabrice Boé, directeur général d’Hermès en 2003, et Patrick Thomas gérant en 2009, font des constats très similaires. Selon le premier « il n’y a pas de meilleure stratégie anticrise que de proposer des produits extraordinaires dans des magasins merveilleux ». Le second affirme quant à lui que « dans les périodes de crise, les gens se reportent sur des valeurs sûres et les produits d’Hermès sont réputés pour leur qualité. Acheter un produit Hermès n’est pas une dépense mais un investissement ! »
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