RESUME – LA MARE AU DIABLE GEORGE SAND (1846)
La Mare au Diable est un roman champêtre, écrit par George Sand, qui a été publié pour la première fois en 1846.
I. Les personnages principaux
Germain
Germain est un beau et fort laboureur, âgé de 28 ans. Veuf de Catherine, la fille du père Maurice et de sa femme, qu’il a aimée fidèlement et avec tendresse, il travaille et vit à la ferme du père Maurice avec ses trois enfants.
Marie
La petite Marie, âgée de 16 ans, est une adorable jeune femme, fille de la pauvre mère Guillette, voisine du père Maurice. Elle doit, à contrecœur, se séparer de sa mère pour travailler auprès d’un fermier durant quelques mois et gagner de l’argent.
Le père Maurice et son épouse
Le père Maurice et son épouse sont les parents de Catherine, l’épouse décédée de Germain. La belle-mère et la belle-sœur de Germain s’occupent de ses enfants quand il doit travailler. Les Maurice sont des paysans sages et humbles. Constatant la peine de Germain, ses intérêts financiers et le fait que le deuil a assez duré, ils l’encouragent à épouser une veuve domiciliée plus loin. Le père Maurice a arrangé une rencontre avec le père de celle-ci.
II. Le résumé de l’histoire
En préambule, George Sand explique comment un tableau d’Holbein, représentant un laboureur, et
une scène à laquelle elle a assisté en se promenant l’ont inspirée pour écrire cette histoire. Elle livre
également une réflexion sur le rôle social de l’art et indique qu’elle ne souhaite pas chercher à
inventer une langue propre aux paysans dans cette œuvre, mais à raconter au mieux leur quotidien
et leurs valeurs.
Germain, un sain laboureur veuf âgé de 28 ans, père de trois beaux enfants, s’entretient avec son
beau-père, le père Maurice. Ce dernier l’encourage à se trouver une nouvelle femme. Il argumente
pour le convaincre en lui rappelant qu’il sera de plus en plus ardu pour lui de se marier en vieillissant.
Qui plus est, son aîné, Petit Pierre, a déjà 7 ans et la mère Maurice et sa belle-sœur ne pourront pas
toujours s’occuper de ses enfants. Le père Maurice lui explique avec sagesse et bonhomie que cette
option serait plus saine pour les finances de tous et faire perdurer l’entente familiale, notamment
avec son beau-frère. Le père Maurice a arrangé un rendez-vous à Germain pour qu’il rencontre une
veuve dont il connaît le père. Germain se résigne à s’y rendre par fidélité envers son beau-père. Il a
peur de devoir se marier avec une femme qu’il n’aime pas, contrairement à Catherine qu’il a
beaucoup chérie.
La mère Guillette, voisine et amie des Maurice, demande si Germain peut sur son chemin en
direction de Fourche accompagner sa fille, Marie, qui doit aller aux Ormeaux afin de travailler pour
un fermier. Le père Maurice accepte volontiers. Marie est encore petite et Germain est respectueux
et plus âgé, ce qui ne leur fait pas craindre d’histoire de mœurs.
Germain et Marie montent donc tous deux sur la Grise, une jument forte et pleine de vie, pour faire
leur chemin. La séparation entre Marie et sa mère a été extrêmement difficile, Marie pleure
énormément tellement elle est peinée de devoir laisser sa faible mère à son sort. Marie et Germain
dialoguent ainsi sur leurs propres peines et leurs échanges sont emplis de compassion et de respect.
En avançant, ils remarquent que quelque chose bouge dans un buisson. Il s’agit de Petit Pierre, l’aîné
de Germain, qui les attendait pour partir avec eux. Germain lui répète qu’il ne peut pas l’emmener,
mais Marie le rassure et la malice du petit garçon l’emporte sur son cœur de père attendri. Ils
continuent ainsi tous les trois leur chemin sur la Grise qui supporte facilement leur poids.
Petit Pierre a rapidement faim et ils s’arrêtent dans une auberge pour se restaurer. Germain fait
goûter le vin à Marie et à son fils. Ils reprennent ensuite la route, mais la brume devient de plus en
plus épaisse. Ils se perdent dans le bois et décident de faire une pause à proximité d’une mare.
L’ingéniosité et le bon tempérament de Marie se révèlent alors. Grâce à ses suggestions, ils font un
feu, mangent une partie de la viande devant être offerte à la veuve et boivent un peu de vin que
Marie a récupéré à l’auberge. Marie s’occupe de coucher confortablement et tendrement Petit
Pierre. L’enfant adore Marie et avant de s’endormir il affirme que s’il devait avoir une nouvelle mère
il aimerait que ce soit elle. Germain est séduit par la bonté du cœur de Marie et sa beauté naturelle.
Il s’efforce de ne pas s’en approcher, car il craint de se laisser emporter par son attirance envers elle.
Ils conversent et Marie précise qu’elle souhaite épouser un homme de son âge, ce qui attriste
Germain qui ne lui avoue pas encore ses sentiments. Le brouillard semble se lever et ils repartent. Ils
se perdent deux heures durant et reviennent vers un point lumineux qui est, en l’occurrence, leur
feu. Ils s’y établissent de nouveau, ce qui ne perturbe pas vraiment le sommeil de Petit Pierre. Marie
est épuisée, mais comme toujours elle ne se plaint pas.
Germain finit par dire à Marie qu’elle lui plaît et qu’il aimerait l’épouser. Marie lui répond qu’elle a
trop de respect pour la famille Maurice et qu’elle ne voudrait pas que leur beau-fils se remarie avec
une femme désargentée. Elle explique aussi qu’elle craint de vieillir avec un homme plus âgé qu’elle,
car elle ne pourra s’occuper de lui à un âge avancé. Germain est dévasté par sa réponse.
Lorsque le temps le permet, ils repartent et Marie prend avec elle Petit Pierre afin que Germain soit
bien perçu par la veuve. Leurs routes se séparent et il est convenu que Germain reviendra ensuite
aux Ormeaux rechercher Petit Pierre.
Germain arrive chez la veuve et est accueilli par son père, qui s’était entretenu au préalable avec le
père Maurice. Il apprend alors qu’il n’est pas le seul prétendant, la veuve reçoit également trois
hommes et parade fièrement à leurs côtés en leur faisant espérer sa main, une attitude qui rebute
Germain. Germain prétexte qu’il doit repartir et le père de la veuve comprend qu’il n’est pas
intéressé par sa fille.
Germain se rend aux Ormeaux pour retrouver Marie et Petit Pierre, mais ils n’y sont pas. Ils sont
partis précipitamment pour une raison que personne ne dit. Il les recherche à différents endroits et
s’inquiète, car il se doute que le fermier s’est mal comporté avec Marie.
Il atteint la mare à côté de laquelle ils s’étaient reposés. Une femme qui s’y trouve lui raconte qu’elle
est appelée La Mare au Diable et qu’elle est maudite, un petit garçon y est mort longtemps
auparavant.
Germain entend du bruit dans la forêt, il s’agit du fermier des Ormeaux qui recherche la jeune fille et
l’enfant. Il prétexte que Marie a oublié sa bourse et qu’il doit lui donner de l’argent. Germain, qui a
du mal à le croire, lui propose de l’accompagner sans lui indiquer qui il est. Ils perçoivent du
mouvement dans des buissons et Germain signale qu’il est présent. Pierre et Marie sortent de leur
cachette. Germain est rassuré, car il n’y a pas de honte dans le regard de Marie, mais il voit bien
qu’elle est effrayée par le fermier. Lorsque le fermier fait des avances inconvenantes à Marie,
Germain le jette à terre et lui demande de s’excuser auprès d’elle.
Germain, Marie et Petit Pierre repartent ainsi chez eux dignement. À leur retour, le père Maurice
accepte et comprend le refus de Germain d’épouser une veuve se comportant de la sorte. Germain
est très triste durant plusieurs mois. La mère Maurice s’en aperçoit et l’interroge sur ses sentiments.
Avec difficulté, Germain lui avoue qu’il aime Marie. Sa belle-mère est surprise, mais le soutient. Elle
va en parler à son mari afin qu’il lui donne sa bénédiction. Une fois que cela est fait, Germain revient
voir Marie, le cœur meurtri, persuadé qu’elle ne l’aime pas. Germain lui demande de nouveau sa
main et lui explique que les parents Maurice y consentent. Marie lui avoue qu’elle l’aime, ce qui le
remplit de joie.
George Sand décrit ensuite avec détails les traditions de ces noces de campagne, comprenant les
cérémonies des livrées et du chou. Les deux amoureux se marient, comblés. Au petit matin, Germain
sort pour travailler seul, savourant son bonheur.
III. Le thème abordé
Les mœurs champêtres
Dans ce roman, George Sand veille à dépeindre au mieux la beauté et la simplicité des valeurs des
habitants de la campagne. Elle indique notamment ceci en préambule : « Si on me demande ce que
j’ai voulu faire, je répondrai que j’ai voulu faire une chose très touchante et très simple, et que je n’ai
pas réussi à mon gré. J’ai bien vu, j’ai bien senti le beau dans le simple, mais voir et peindre sont
deux ! Tout ce que l’artiste peut espérer de mieux, c’est d’engager ceux qui ont des yeux à regarder
aussi. Voyez donc la simplicité, vous autres, voyez le ciel et les champs, et les arbres, et les paysans
surtout dans ce qu’ils ont de bon et de vrai : vous les verrez un peu dans mon livre, vous les verrez
beaucoup mieux dans la nature. » La simplicité, la vérité, le naturel et l’authenticité des personnages
rendent hommage aux nombreuses vertus de la mentalité paysanne. Leur richesse est produite par
leurs terres, mais elle émane aussi de leurs cœurs comme le conte avec beaucoup de finesse et de
pénétration la romancière.