III. Le thème abordé
Les classes sociales
En dépit de leurs déguisements, les personnages tombent amoureux d’une personne de même rang social qu’eux, tant Dorante et Silvia qu’Arlequin et Lisette. Au-delà des apparences, les attitudes ne trompent pas. Dorante conserve son élégance naturelle et son habileté à plaire, tout comme Silvia. Par ailleurs, l’empressement d’Arlequin répugne Silvia tandis que cette sincérité semble séduire Lisette. L’amour de Dorante envers Silvia est si pur qu’il fera fi des convenances en lui demandant de l’épouser, malgré sa – fausse — condition de servante. Silvia a ainsi la certitude que Dorante ne l’aime pas uniquement pour son rang et peut se réjouir à l’idée de se marier avec un homme lui consacrant une telle dévotion. La conclusion de cette pièce demeure donc assez conservatrice dans le sens où, en dépit des apparences, les personnages aux statuts différents ne se mélangent pas. La noblesse est ici considérée comme une grâce naturelle portée par Silvia et Dorante, à laquelle ne peuvent prétendre Lisette et Arlequin en dépit de leurs vêtements. Le dénouement peut également être envisagé sous un angle lié à l’amour. En suivant son instinct, Dorante se rapproche d’un personnage de son rang. Alors que Silvia se leurre sur ses sentiments le concernant, croyant qu’il est un valet. Elle subit ainsi elle-même ses propres emportements, car elle a du mal à admettre ses égards envers une personne de condition inférieure. Quand Dorante décline son identité, Silvia comprend enfin pourquoi elle a réagi avec autant de passion.
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