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Thierry Casasnovas
Sortir de l’épuisement grâce à loi de l’hormèse
Transcription des vidéos Octobre / Novembre 2018
2 Sortir de l’épuisement
Sortir de l’épuisement
Je vais ici considérer l’épuisement dans son ensemble et vous proposer un plan d’action basé sur la compréhension et la physiologie. Ce ne seront pas des recettes mais la compréhension des principes sous-jacents pour ensuite adopter un mode de vie, des pratiques et une attitude qui feront disparaitre l’épuisement. Nous allons d’abord comprendre les grands principes sur lesquels on peut se fonder pour sortir de cet état d’ép uisement et nous verrons ensuite comment les mettre en 1. ÉPUISEMENT DE QUOI ? L’être humain (et plus largement le vivant dans son ensemble) fonctionne selon 2 modalités : – Le mode action (ou mode adaptation, lutte ou fuite). C’est le mode qui fait réagir notre organisme à une sollicitation du milieu extérieur (physique, psychologique, relationnelle…). On l’appelle également le mode catabolique, c’est-à-dire le mode dans lequel l’organisme va puiser dans ses ressources pour produire une action, une adaptation aux conditions qui changent autour de nous. Et à chaque consommation de ressources correspond une production de déchets. En général, ce mode correspond à notre vie diurne. – Le mode repos ou mode anabolique. C’est un mode de construction et de restauration. Il permet l’élimination des déchets, la réparation et la régénération. Il correspond à notre sommeil, à la relaxation et à la méditation, voire au massage très doux. Quand on parle d’épuisement, on parle de celui du mode action. Notre adaptation, à force de tirer sur la corde, ne répond plus de manière adéquate aux sollicitations extérieures. Sur le plan physiologique, le mode action sollicite à la fois le système nerveux, le système endocrinien et le système immunitaire. Et quand on parle d’épuisement, ce sont ces 3 systèmes qui sont touchés car ils fonctionnent main dans la main. La symptomatologie liée à l’épuisement implique donc ces 3 systèmes. A force de déséquilibre entre le mode action et le mode repos qui est trop souvent négligé, l’adaptation ne se fait plus correctement. Cela se traduit par une mauvaise tolérance au chaud, au froid, et plus généralement aux sollicitations du monde extérieur. L’épuisement correspond donc à celui du système adaptatif à force de trop d’adaptation chronique. L’épuisement généralisé est malheureusement le propre de notre civilisation moderne. Je vais ici considérer l’épuisement dans son ensemble et vous proposer un plan d’action basé sur la connaissance et la physiologie. Ce ne seront pas des recettes mais plutôt la compréhension des principes sous-jacents pour ensuite adopter un mode de vie, des pratiques et une attitude qui feront disparaitre l’épuisement. Je vais commencer par aborder les grands principes à prendre en compte pour sortir de cet état d’épuiseme nt et nous verrons ensuite comment les mettre en pratique. “ L’épuisement correspond à une sur-sollicitation chronique de notre mode action ou adaptatif. ”
3 Sortir de l’épuisement Cet état des lieux étant fait, vous avez désormais 2 possibilités : – soit vous vous construisez un monde dans lequel l’environnement est adapté à vos faiblesses. Cela implique par exemple de se couvrir beaucoup et de pousser le chauffage au maximum en hiver, et à l’inverse de mettre la climatisation en été, mais aussi de ne côtoyer que des personnes avec lesquelles vous partagez exactement les mêmes avis, les mêmes valeurs, quitte à s’isoler complètement. Cela correspond également à une vie parfaitement cadrée, sans aucun changement et à une alimentation stricte qui ne déroge à aucune exception. Au niveau immunitaire c’est un défi presque impossible à relever à moins de vivre dans une bulle stérile ! – soit vous devenez plus fort de manière à augmenter votre capacité adaptative pour faire face à un environnement qui n’est pas idéal pour vous, que ce soit au niveau physique, relationnel ou alimentaire. C’est donc cette deuxième option que je vais développer ici. On peut vivre dans une cage dorée, mais celle-ci devient rapidement trop étroite. Je pense notamment aux personnes poly-allergiques, électrosensibles etc… qui croient avoir trouvé la solution en se coupant des éléments qui les font fortement réagir. Mais que se passera-t-il le jour où elles ne pourront pas suivre ce programme ? C’est la catastrophe. Et elles n’ont pas répondu à la problématique première qui est l’épuisement du système adaptatif. Ce n’est pas en mettant l’environnement en conformité avec notre faiblesse que nous avons réglé le problème d’épuisement. Vous allez voir qu’au travers des différents principes que je vais vous présenter, le système adaptatif répond à des lois comparables à celles qui régissent le développement des muscles. Un muscle sous sollicité s’atrophie, mais un muscle sollicité au-delà de sa capacité risque le claquage. La meilleure dose pour faire croître un muscle est de le solliciter juste à la limite supérieure de ce qu’il peut tolérer. C’est cette notion que nous allons aborder de multiples manières au cours des prochains chapitres. Pour illustrer cette notion fondamentale, prenons l’exemple d’une personne épuisée confrontée au froid. Si cette personne se couvre dès les premiers frissons, la thyroïde qui présente très certainement déjà des signes de faiblesse n’a pas à travailler et donc, ralentit davantage. Ce n’est pas en se couvrant qu’on apprend à résister au froid. Nos habitudes de vie conduisent trop souvent notre organisme à être paresseux. Commencez déjà par enlever une couche de vêtements ! Vous allez peut-être avoir légèrement froid (il faut bien sûr que ce froid soit tolérable). Et ainsi, vous donnerez l’information à votre thyroïde qu’il est temps de se mettre à travailler. Comme nous l’avons vu précédemment, l’épuisement correspond à celui du mode action. Donc très logiquement, il va falloir passer du temps en mode repos. Si vous avez trop sollicité votre mode action et que ça se traduit par un épuisement du système endocrinien, du système nerveux, une “ Sur-sollicitation chronique et sous-sollicitation conduisent à la dégénérescence. ” “ Le repos n’est pas l’absence d’action, c’est l’action adaptée brève et qui ne dépasse pas la capacité adaptative individuelle. ”
4 Sortir de l’épuisement accumulation des déchets, une acidose et une déminéralisation qui sont les conséquences de l’hyper-activation du mode action, la logique vous enjoint à passer en mode repos. On verra plus loin qu’il existe un mode repos plus efficace que le simple repos passif qui demande beaucoup de temps pour que le système retourne à son fonctionnement optimal. Notre organisme est fait pour l’adaptation mais de manière ponctuelle, violente parfois, mais toujours de courte durée. 2. LA LOI DE LA FORCE – UN PRINCIPE ESSENTIEL CONTRE L’ÉPUISEMENT Comme nous l’avons vu précédemment, le système adaptatif se rapporte à tout ce qui nous permet de répondre aux sollicitations et modifications de l’environnement. Il correspond au mode action qui est catabolique, c’est-à-dire qu’il consomme des ressources et produits des déchets. A l’inverse, le mode repos est un mode de restructuration, de régénération. Il est anabolique, c’est-à-dire qu’il permet de reconstruire les tissus. Ces deux modes doivent être en équilibre. La rupture de cet équilibre conduit à l’épuisement par sur-sollicitation chronique du système adaptatif. Or, la loi de l’homéostasie indique que tout système vivant laissé au repos revient spontanément à un état de fonctionnement normal. Donc la capacité adaptative va renaitre grâce au repos. Mais on peut être plus efficace encore et c’est ce que nous allons voir dans ce chapitre. Imaginons que le point zéro est celui où il n’y a pas d’adaptation nécessaire (boulot parfait ou relations sociales optimales ou encore alimentation parfaitement optimisée…). Si vous épuisez votre système adaptatif c’est qu’au quotidien vous n’êtes pas dans ce point zéro et que vous avez dépassé les limites de ce que votre corps peut supporter. Plus vous êtes épuisés, plus votre capacité adaptative est étroite. Plus la fenêtre d’adaptation est large, plus l’adaptation est possible. On comprend alors pourquoi deux personnes aux capacités adaptatives différentes ne vont pas réagir de la même manière en ayant le même mode de vie. Donc tant que votre mode de vie reste dans les limites de votre capacité adaptative, on ne voit aucune symptomatologie, le corps s’adapte et ne force pas. Mais à force de solliciter quotidiennement le système adaptatif, il arrive un moment où la capacité adaptative diminue tellement que le mode de vie ne rentre plus dans cette fenêtre adaptative devenue trop étroite. Et c’est là que les symptômes apparaissent. Dans ce cas, la première idée qui nous vient serait de réformer notre mode de vie (améliorer son alimentation, jeûner, se tenir loin des sources électromagnétiques et de la pollution etc…). Ces changements permettent de ramener notre mode de vie dans les limites de notre capacité adaptative ce qui diminue fortement la symptomatologie. Le défaut de cette approche est qu’elle ne touche pas à notre capacité adaptative qui avait fortement réduit, nous avons simplement adapté notre environnement à notre faiblesse. Ce que je vous propose ici est de devenir plus fort de manière à vous adapter à n’importe quel environnement. Attention, il ne va pas s’agir de reproduire les mêmes conditions qui vous ont amené à l’épuisement. L’idée n’est pas d’augmenter votre capacité adaptative pour ensuite faire “ L’idée n’est pas d’adapter votre environnement à votre capacité adaptative mais plutôt de la renforcer pour vous permettre de faire face à n’importe quel environnement. ”