Tutobar – © hélène jacob – 2022 tutobar – épisode 33 la typogra


TutoBar – © Hélène Jacob – 2022

« répondit-elle », etc. Vos lecteurs doivent simplement être guidés, pour éviter toute confusion entre les protagonistes, mais sans excès de verbes de parole. Par exemple, si votre dialogue est bien amené et que le contexte est clair, vous n’avez pas besoin de faire suivre un point d’exclamation par l’expression « cria-t-il ». Le ton est évident et le verbe n’apporte rien au lecteur, si ce n’est une impression d’infantilisation. C’est avant tout la finesse de votre dialogue qui va donner les clefs de l’état d’esprit de vos personnages. Dans l’absolu, il est tout à fait possible de rédiger un roman complet sans aucune incise, en introduisant les prises de parole par des lignes narratives bien choisies. En tant qu’auteur, c’est ce que je préfère pour 99 % de mes dialogues, en gardant les incises pour quelques situations très particulières, et c’est une approche que je vous conseille vraiment de travailler, pour un rendu à la fois plus léger et plus mature. 6– Dans les textes à la première personne, évitez les incises archaïques. Si votre récit se

déroule au XVIIIe siècle et que vous avez choisi une plume correspondant à l’époque, vous

pouvez éventuellement écrire « rétorqué-je », à la fin d’une ligne de dialogue. Mais si votre roman est moderne, cela donne à la phrase un aspect pédant et un peu ridicule, et vous allez perturber l’immersion de votre lecteur dans le texte. Dans ce type de cas, revoyez votre manière d’introduire le dialogue, de façon à supprimer complètement l’incise. 7– Enfin, de façon plus globale, utilisez les dialogues à bon escient. Ils doivent toujours faire avancer quelque chose dans votre roman et n’ont aucun intérêt s’ils sont juste placés là pour faire du remplissage. Ils doivent souligner une action, apporter des explications de fond, éclairer les intentions d’un personnage, etc. Bref, ils doivent être percutants et donner du sens au récit, d’une façon ou d’une autre. Si leur contenu est insignifiant, comme un simple échange de salutations, préférez systématiquement la narration et résumez ce qui est dit, par exemple en écrivant « Ils se saluèrent en échangeant quelques banalités », plutôt qu’en rédigeant les banalités elles-mêmes. En d’autres termes, la présence et la mise en forme de vos dialogues doivent à la fois : servir le récit, guider intelligemment le lecteur et apporter de la clarté, tout en se faisant oublier. Je m’arrête ici pour cette première partie, qui est déjà très longue et qui vous donne l’essentiel à connaître pour écrire des dialogues bien présentés. Dans l’épisode 34, qui sera la suite directe de celui-ci, je reviendrai sur tout un tas de détails relatifs à l’usage des guillemets dans les dialogues. Car même si ce n’est pas ma méthode favorite, vous avez parfaitement le droit de la choisir et il est important que vous sachiez bien l’utiliser. Je parlerai notamment : – de leur emploi dans les longues prises de parole ininterrompues, – de la bonne ponctuation des incises, en fonction de leur place dans la phrase, quand on construit ses dialogues avec des guillemets, – et de la question des guillemets secondaires.

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