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DE LA FLUIDITÉ MEMBRANAIRE
La membrane cellulaire est constituée de lipides représentant plus de 49 % des composants mem- branaires. Parmi ces lipides, l’acide docosahexaénoïque appelé DHA (oméga-3) est un acide gras polyinsaturé essentiel puisqu’il n’est pas synthétisé par notre organisme. Dans le cerveau, le DHA représente environ 97 % des oméga-3 ; dans la rétine, la proportion s’élève à 93 %. Dès la vie fœtale, puis durant les premières années de vie, le DHA participe à la structuration de la rétine, du cerveau, du système immunitaire… Les oméga-3 entrent dans la constitution des phospholipides membranaires. Ainsi, ils jouent un rôle majeur dans la structure de la membrane cellulaire.
Le caractère insaturé et la taille des acides gras confèrent à la membrane une plus grande fluidité et fonctionnalité, facteurs indispensables à la préservation de la viabilité cellulaire. Le DHA (oméga-3) est de plus en plus rare dans notre alimentation moderne, plus riche en oméga-6. Le rapport oméga-3/ oméga-6 qui idéalement devrait être inférieur à 1:5 est déséquilibré en faveur des oméga-6.
Quelle que soit sa localisation, la membrane cellulaire constitue une plateforme incontournable de décodage, de signalisation, de coordination et de communication entre les milieux intra et extracel- lulaires. Elle joue un rôle crucial dans la présentation des antigènes ainsi que dans les modulations épigénétiques indispensables à l’organisation des tissus et des organes. Dans un tissu, la membrane cellulaire est en connexion avec la matrice extracellulaire et avec d’autres cellules. La membrane cellulaire comporte des récepteurs tournés vers l’intérieur dédiés à la régulation du milieu interne. D’autres protéines réceptrices sont tournées vers l’extérieur de la cellule pour décoder les messages afférents. L’activité de ces protéines est très étroitement liée à la fluidité de la membrane. Totalement intégrée au sein d’un tissu, la membrane cellulaire doit en même temps, être pleinement sensible et réactive à tout signal ou changement environnemental afin de permettre à la cellule d’opérer les modulations épigénétiques adéquates. De ce fait, une altération de la fluidité membranaire peut accélérer le vieillissement et provoquer des dysfonctionnements cellulaires pouvant être à l’origine de nombreuses pathologies.