vie d’un autre à travers le seul fait d’être là. Vous voyez… Le simple fait d’être en vie peut provoquer une montagne de très belles choses dans l’existence d’une autre personne, et c’est ce que mon Autre a fait pour moi, sans même se douter de quoi que ce soit. Si je lui disais tout ça, il resterait probablement silencieux, cherchant à aller se replier tout au fond de sa carapace parce que ce que ça viendrait toucher au fond de lui au niveau émotionnel serait trop détonnant pour que ça puisse le laisser de marbre, alors il chercherait à l’enfouir, à le contenir, à le retenir comme il le fait d’habitude dès que ça remue un peu trop à l’intérieur de lui. Si je lui disais tout ça il aurait probablement du mal à accepter le rôle même involontaire qu’il a pu jouer et à concevoir l’impact bénéfique qu’il a pu avoir sur ma vie sans avoir consciemment fait quoi que ce soit. Alors je ne le lui dirai pas, parce que mon but n’est pas de provoquer des remous dans sa vie. Ce que je fais aujourd’hui, je le fais pour moi, en suivant ce que je ressens et pour répondre à mon besoin d’écrire et de dire, et pour le reste, qui vivra verra… En tout cas, tout ceci est bel et bien la réalité de ce que je vis, et rien que pour tout ça, c’est déjà un cadeau énorme que d’avoir vu arriver cet homme-là dans ma vie. Alors oui, même si ce chemin est très particulier, totalement atypique et qu’il représente une sorte d’escalade qui semble parfois sans fin, totalement à l’aveugle par ailleurs, où on va réellement plonger au plus profond de soi, j’ai une totale confiance en le bien-fondé de ce cheminement, en le fait que tout est juste, que je suis exactement à la bonne place, en train de vivre l’étape que je dois vivre, et ça, à chaque instant. Bien sûr, je n’ai pas toujours pensé ainsi durant ce parcours, et il y a des chances pour que je traverse encore d’autres moments où je vais pester contre le ciel ou contre mes guides à ne pas comprendre pourquoi il se passe telle chose et pourquoi il ne se passe pas telle autre. Je vais probablement traverser d’autres moments de découragement où je trouverai le temps tellement long et j’en aurai franchement ras-le-bol d’en être « seulement là » alors que j’ai l’impression d’avoir fait tellement d’efforts et tellement de chemin déjà. Mais je sais aussi que si ça arrive, s’il y a encore des moments où je me vois en train de plonger et d’avoir envie de baisser les bras, quelque chose viendra éclairer mon chemin, m’aider à me relever et à retrouver l’espoir. Ça a été comme ça à chaque fois, durant toute ma vie d’ailleurs, et je me rends compte aujourd’hui à quel point chaque période difficile a été suivie de l’éclosion de très jolies choses, alors s’il doit encore y avoir des moments difficiles, je me rappellerai de ça et ça me fera tenir bon jusqu’à la prochaine marche. Et puis… laissons dans la partie la possibilité que l’intervention d’un nouveau plongeon n’arrive pas ! Après tout, qui peut savoir ? Si je ne m’attends qu’à la version la plus compliquée de la suite de mon parcours, je fais tout pour inviter celle-ci à prendre forme sur mon chemin. Alors je choisis plutôt de m’attendre à de jolies surprises, des accélérations, des revirements tout à fait positifs, et je laisse venir ce qui vient. Je remarque d’ailleurs que plus j’avance sur ce parcours et plus les moments de flottement et de doutes deviennent courts. En fait, ce qui m’a permis de commencer à les traverser plus vite, c’est de les accepter au lieu de lutter contre, de les considérer comme un simple nuage qui traverse le ciel et qui s’en ira de toute façon, au lieu de m’attendre à ce que ça perdure ou qu’il en soit toujours ainsi à présent. Je n’engueule pas un nuage qui se trouverait devant le soleil. Il est là, pour un moment plus ou moins long, et je sais qu’il finira par faire son chemin et par laisser la lumière jaillir à nouveau. Alors de la même façon que je ne lutte pas contre le nuage, je ne lutte plus contre mes états émotionnels moins roses et je laisse faire. J’observe tranquillement, sans jugement, sans tenter de fuir ce qui se passe en moi, comme si j’étais finalement une simple spectatrice attentive à ce qui se déroule en moi.
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