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5 Le domaine spirituel fait partie de ma vie depuis bien longtemps. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu conscience du fait qu’il y avait « autre chose » que ce qu’on peut voir avec nos yeux. J’ai toujours cru en la magie, en un monde au-delà de notre monde en quelque sorte, et ça, peu importe ce que les adultes pouvaient en dire. Ma première expérience « bizarre » remonte à mes 7 ans environ (revoilà mon chiffre 7 :-)) Mon grand-père paternel (Pietro de son prénom de naissance et que tout le monde appelait Pierrot chez nous – certains d’entre vous reconnaîtront le prénom et sauront à qui/quoi je fais référence :-)) venait de quitter ce monde quelques mois plus tôt. Un soir ma mère est venue dans ma chambre parce qu’il fallait qu’elle me parle de quelque chose. Je me souviens encore parfaitement de l’ambiance de ce moment, de la luminosité et des moindres détails du décor. Ma mère s’est installée avec moi sur le lit et m’a annoncé que notre chatte ne reviendrait pas. Elle m’a dit qu’elle s’était probablement trouvé un chéri quelque part et qu’elle était partie fonder une famille… Ma mère a ensuite quitté la pièce et je me suis mise à pleurer parce que j’étais triste à l’idée de ne plus revoir notre minou, et là, j’entends clairement dans ma tête la voix de mon grand-père me dire : « Ne sois pas triste, le chat est avec moi… » Sur le moment, j’ai vécu cette expérience comme on ne peut plus naturelle, sans la moindre peur, sans même le moindre sentiment de bizarrerie. Peut-être aussi que c’était à cause de la façon dont la chose s’était produite, parce qu’une voix dans notre tête, ça n’a rien d’inhabituel. Et puis il s’agissait de la voix de mon grand-père. Je ne l’ai malheureusement pas côtoyé longtemps et c’est la seule personne qui me manque encore parmi tous ceux qui sont déjà partis dans notre famille, même si j’aimais les autres aussi bien sûr. Mais lui, c’était quelqu’un de spécial pour moi, et la première personne de qui je me sois sentie totalement aimée d’ailleurs, sans aucune condition. C’était mon cocon d’amour en quelque sorte et il y a un petit bout de lui dans chacun de mes romans, souvent à travers une anecdote que je prête à mes personnages et qui est en réalité un souvenir que j’ai avec mon grand-père, comme ce moment où un de mes personnages nommé Ivan finit par ne plus avoir peur de l’orage après avoir passé un moment à l’extérieur avec son père à admirer le ciel qui grondait alors qu’il était encore un enfant. Cette scène-là décrite dans l’un de mes romans est un souvenir précieux pour moi, l’un des trop rares que j’ai pu garder de lui. Ce n’étaient pas Ivan et son père qui étaient dehors à admirer l’orage, c’était moi avec mon grand-père, et depuis ce moment-là j’ai commencé à vraiment les aimer ces orages… Mais revenons à ce fameux soir où j’ai donc entendu la voix de mon grand-père me dire que le chat était avec lui… Évidemment, j’ai appris plus tard que le chat était effectivement mort et que ma mère le savait au moment où elle m’a raconté son mensonge (j’ai beau comprendre le pourquoi de son choix, il n’en reste pas moins que j’ai toujours détesté les mensonges et que celui-ci m’agace encore aujourd’hui… celui-ci et tous les autres ayant eu le même but et nous ayant transmis le message que nous n’étions, en gros, pas capables de nous confronter à la vérité et aux émotions liées à celle-ci… et comme par hasard, mon téléphone sonne à l’instant et c’est… ma mère, évidemment ! M’man : tu viens de me parler de l’emballage du cadeau de papi… Comme ça tu sauras que si tes oreilles ont sifflé pendant

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