m’emmener dans cette direction l’espace d’un instant, immédiatement, le cœur a repris le dessus pour me recadrer sur le fait que ma blessure m’appartenait et que mon Autre ne faisait que mettre en lumière ce qu’il me restait à guérir. Et en fait, la simple idée de pouvoir en vouloir à mon Autre et être en colère contre lui était douloureuse pour moi. Il m’était impossible d’envisager ne serait-ce que l’espace d’un instant de pointer un doigt accusateur vers lui. J’ai toujours ressenti le besoin au contraire de le protéger, et je ne supportais pas d’ailleurs que d’autres personnes s’en prennent à Lui, alors la seule chose qui m’a préoccupée au final, c’était que Lui ne soit pas affecté par ce qui se passait, d’aucune façon, par ce que je pouvais vivre de mon côté en lien avec Lui, parce qu’il m’a été donné différentes occasions où j’ai pu constater que quand j’étais affectée par quelque chose, ça l’affectait lui aussi, et la réciproque était évidemment valable, alors j’ai bien souvent porté un masque là aussi pour qu’il ne se rende compte de rien lorsque j’ai été en souffrance, parce que ça aurait pesé encore bien plus lourd dans mon cœur de savoir que quoi que ce soit qui me concernait le faisait souffrir Lui. Par rapport à tout ça, je m’interroge aussi en voyant certaines personnes basculer si facilement dans la colère ou la haine vis-à-vis de leur Autre, parce que même si les réactions de l’Autre viennent appuyer sur certaines blessures, ce qui prend encore et toujours le dessus malgré tout, c’est l’Amour. Je ne veux pas cela dit poser de limites rigides ici et affirmer que si tel critère n’est pas coché, la relation vécue ne peut pas être ce type de lien d’âmes là, car nous sommes les seuls finalement à pouvoir savoir ce que nous ressentons et à pouvoir trouver la réponse en nous, et peut-être que pour certains, la rencontre avec leur Autre se fait à un moment où leur ego est encore très présent et donc où on tombera d’autant plus facilement dans l’accusation. Je pars du principe quoi qu’il en soit que tout est juste, et je sais que la façon dont mon parcours s’est déroulé était la meilleure façon dont il pouvait se dérouler pour toutes les personnes impliquées, ce qui ne veut pas dire pour autant que c’est la seule façon de vivre ce cheminement-là et je tiens une nouvelle fois à insister sur cet aspect. Il est possible de mon côté qu’ayant déjà fait un gros travail de nettoyage, notamment grâce à la « merveilleuse » participation de mon ex-mari, mon Autre ait eu un peu moins de boulot parce que j’avais déjà travaillé sur mes plus grosses blessures au préalable, et tant mieux d’ailleurs. Ce qui me paraît plus qu’évident par contre, c’est que je n’aurais pu confondre aucune de mes relations précédentes avec un lien de flammes jumelles, même si certaines de ces personnes étaient tout à fait bienveillantes et sincères. Je n’ai jamais vécu quoi que ce soit de comparable à ce que je vis par rapport à ce lien si particulier. Je ne me suis jamais interrogée non plus comme je l’ai fait ici. Il m’est arrivé d’avoir des coups de cœur, même des coups de foudre, mais toutes les particularités que j’ai commencé à vivre vis-à-vis de mon Autre et tout le questionnement qui en a découlé n’étaient jamais intervenus avant. Pour en revenir au morceau le plus important ici, ressentir de l’Amour ne fait jamais mal, et rien que de vivre cet Amour à l’intérieur de soi, sans même aller voir plus loin au niveau d’une expérience concrète, c’est déjà un véritable cadeau en soi et ça ouvre un nombre incalculable de portes concernant notre vécu et notre perception de notre réalité concrète. Et justement, tout ce nettoyage intérieur a provoqué encore bien d’autres conséquences tellement positives dans ma vie, à tous points de vue, que ça ne fait que me conforter un peu plus encore dans
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