13 Je commence à percevoir à présent cette sensation familière qui intervient lorsque l’écriture d’un livre touche à sa fin. Quand j’écris, ça se fait toujours de façon inspirée je dirais, un peu comme si je prenais une dictée. J’entends les mots qui me défilent dans la tête, et je les pose alors sur le clavier, ou au minimum sur mon bloc-notes ou une feuille volante pour ne pas les oublier en attendant de transcrire les idées qui me sont apparues de façon plus concrète. Je n’écris jamais en me forçant à le faire, en me disant qu’il faut absolument continuer. Je sais que quand c’est le moment, l’inspiration arrive toute seule, et la plupart du temps, en fait à chaque fois que ça s’est produit jusque-là, l’écriture coule toute seule et la mise en mots de la trame principale du livre se fait assez rapidement. Pour la majorité des livres que j’ai écrits jusque-là, il m’a suffi de quelques semaines, parfois quelques mois et le texte principal était bouclé. Ensuite c’était la phase un peu moins amusante des relectures et corrections qui démarrait avec quelques ajouts ici et là, puis la mise en page, la création de la couverture et ainsi de suite jusqu’à la publication. Chaque étape est intéressante, mais je dois dire aussi qu’une fois l’écriture terminée, j’ai toujours grand-hâte d’arriver au bout et de pouvoir partager. Ici par contre, tout est allé tellement vite que j’ai presque l’impression d’avoir démarré hier. Ce n’est pas le cas concrètement, mais je viens de compter en vérifiant la date d’enregistrement du premier morceau que j’ai écrit, et il s’est écoulé en tout et pour tout 9 jours entre cette date (symbolique en plus par rapport à mon histoire familiale) et aujourd’hui. Le chiffre 9 me parle aussi… En numérologie, il évoque toujours la fin d’un cycle, quelque chose qui s’achève pour laisser la place à un nouveau commencement, comme les 9 mois d’une grossesse. Un hasard que le morceau principal de ce livre se soit écrit en 9 jours ? Pas pour moi. C’est le symbole même de tout ce que je vis, et espérons ici que cette fin de cycle se manifeste à présent concrètement dans la matière. Je parle ici d’espoir, mais c’est en fait ce que je ressens profondément en moi depuis un petit moment déjà, et ce besoin impérieux d’écrire, cette espèce d’urgence que j’ai ressentie à tout faire sortir ne font qu’appuyer un peu plus ce sentiment très fort qui est là. Il y aura sans doute quelques passages qui vont encore se greffer à ceux déjà écrits durant les relectures successives (et ça a bien été le cas :-)) jusqu’à ce que je relise en n’ayant plus envie de changer un seul mot ni une seule virgule, et là, je saurai que c’est terminé. Même la relecture se fait de manière intuitive, car les mots sont un peu comme des notes de musique. Parfois, même si certaines des notes sont jolies et s’accordent bien avec celles qui leur sont associées, il suffit d’un changement mineur pour que la mélodie qu’on entend prenne une tout autre dimension, et il en va de même avec les mots. Certains sonnent plus juste que d’autre et il
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