compte à quel point on a pu manquer d’amour envers soi-même, à quel point on a pu se rejeter tous seuls, se blesser, se lancer à la figure un nombre incalculable de vacheries, à quel point on se trouvait nul(le)s et indignes d’être aimés.
C’est un constat douloureux, mais nécessaire aussi pour avoir une chance de cesser enfin la guerre contre soi, pour s’autoriser une bonne fois pour toutes à baisser les armes et apprendre petit à petit à se foutre la paix. Il n’y a pas si longtemps, j’étais persuadée d’avoir atteint un stade où je m’acceptais enfin pleinement moi-même, où j’avais enfin un regard positif sur ma propre personne… (La bonne blague!) Et puis, au travers de différentes situations vécues, je me suis rendu compte qu’en fait, oui, j’avais fait un certain nombre de pas sur le chemin de l’acceptation de soi, oui, j’avais évidemment un regard beaucoup plus doux sur ma propre personne qu’il y a quelques années en arrière, mais en même temps, j’ai pris conscience de toutes les luttes que je menais encore en croyant ne pas être suffisante telle que j’étais. J’ai vu tous les combats que je menais encore pour tenter d’éradiquer tel ou tel aspect de moi que je jugeais non-acceptable, et je me suis ainsi rendu compte à quel point je continuais encore à me maltraiter toute seule au lieu de réellement m’accepter, en entier.
C’est là encore le travail de Franck Lopvet qui m’a permis de vraiment prendre conscience de ce que je continuais à me faire subir en voyant que finalement, tant qu’on cherche à changer, on ne s’accepte pas réellement, parce que chercher à changer à tout prix ça revient à vouloir fuir qui on est ici et maintenant.
Une nuance à souligner cela dit à ce propos : S’accepter ne veut pas dire qu’on va renoncer à vouloir changer ou évoluer, qu’on va se « contenter » de qui et de ce que l’on est à ce moment-là en clamant haut et fort « Ouiiii ! Moi maintenant, je veux rester comme ça et ne plus jamais y changer quoi que ce soit! », seulement, au lieu de vivre ce chemin comme une guerre ouverte contre ce qui nous dérange en nous, on vise nos cibles dans un élan joyeux cette fois, en étant dans l’appréciation par rapport à ce qu’on désire atteindre.
Par exemple, une personne qui estime avoir des kilos en trop ne sera plus en train de paniquer en se disant : « Mon Dieu, quelle horreur ce corps, il faut à tout prix que je maigrisse ! » L’état d’esprit cette fois sera plutôt : « Ah ! Ce serait chouette d’avoir quelques kilos en moins, de me sentir plus légère, de pouvoir enfiler à nouveau cette petite robe qui m’allait si bien ! » et on ressent de la joie à cette idée au lieu d’être dans une sorte de dégoût de soi.
Le fait d’améliorer certains aspects de nous selon nos critères personnels devient une quête joyeuse et non plus un rejet de ces parties de qui nous sommes, et ça, ça change tout. J’ai mis ici la phrase au féminin, mais elle serait évidemment valable pour vous autres également, messieurs, bien que les hommes semblent se prendre un peu moins la tête que nous au sujet de ce type de critères.
S’accepter soi-même, ce n’est pas dire « oh super, je ressens clairement que je déteste mon corps (ou autre) mais maintenant je vais prétendre que je l’aime et que je veux le garder tel qu’il est ! Bah oui, parce que je suis un être spirituel voyons et je vis dans l’amour inconditionnel de toute chose et de tout être, y compris moi 🙂 NAMASTE. »
Ce qui se passe bien souvent quand on cherche à s’accepter, c’est qu’on a entendu quelque part que s’accepter est la clé qui permet de faire changer la chose qui nous dérange, donc on se dit qu’on va s’accepter maintenant (alors qu’on ne le ressent pas une seule seconde) comme ça on va pouvoir gruger l’Univers (qu’on imagine apparemment con comme un balai) et enfin se débarrasser de ce truc qui nous fait horreur. Ça, c’est purement et simplement de la triche, et puisqu’on récolte non pas ce que l’on pense, mais ce que l’on vibre, on ne peut pas obtenir ce qu’on veut de cette façon-là (oh ben zut!) On ne peut pas se leurrer soi-même. Si quand vous vous regardez dans le miroir ou que vous voyez certains aspects de votre personnalité (ou autre) se manifester, vous ressentez de l’écoeurement, il ne sert à rien de dire « oui, oui, je m’accepte évidemment tel(le) que je suis » alors que vous ressentez clairement le contraire.
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